Santi e Beati
Le secret de saint Philippe Néri pour vaincre le diable
Tempo di lettura: 5 min
Autore: Editrice Shalom
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Au cœur de la Rome du XVIe siècle, entre le bruit des carrosses et le faste des cours, marchait un homme différent de tous les autres : vêtu simplement, avec un sourire contagieux et le cœur embrasé d’un feu divin. Il s’appelait Filippo Neri, mais tous le connaissaient sous le nom de « Pippo le bon », le saint de la joie. Ce que beaucoup ignorent, cependant, c’est que derrière son esprit joyeux se cachait un véritable guerrier spirituel, un homme qui savait tenir tête au diable… et le vainquait toujours. Voulez-vous savoir comment ?
Quand le diable frappe à la porte…
Plusieurs récits transmis par ses biographes et ses disciples parlent de rencontres directes entre saint Filippo Neri et le démon. Mais il ne répondait pas par des exorcismes solennels ou des gestes spectaculaires. Son bouclier était l’humilité, la prière et une joie si puissante qu’elle était insupportable pour l’enfer.
Des apparitions inquiétantes
Le diable, selon la tradition hagiographique, se manifestait parfois sous des formes effrayantes (animaux noirs, ombres menaçantes, silhouettes difformes) et d’autres fois sous une apparence humaine, par exemple déguisé en pénitent ou même en ange lumineux, comme dans ces deux anecdotes.
Le diable au confessionnal
Un jeune homme entra dans l’église de San Filippo pour se confesser. À peine assis dans le confessionnal, Filippo sentit quelque chose d’étrange : un froid soudain et une odeur insupportable. Puis il comprit. Ce n’était pas un pénitent ordinaire. Selon le récit, c’était le diable déguisé en homme, venu le tenter. Filippo ne perdit pas son calme. Il se leva, fit le signe de croix et dit : « Si tu as des péchés, tu peux les confesser. Si tu veux seulement déranger, la porte est là ». Le diable disparut dans un cri furieux.
Le diable se déguise en ange
Un jour, il apparut à saint Filippo dans une vision, sous des traits resplendissants, et tenta de le convaincre de cesser de prier et de faire pénitence, en lui disant : « Dieu est déjà content de toi, tu peux maintenant penser un peu à toi-même ». Filippo comprit immédiatement la ruse. Il lui répondit : « Si Dieu est content, alors je veux le rendre encore plus content ». D’un souffle, l’apparition disparut, laissant une odeur de soufre.
Attaques physiques
Selon plusieurs récits, le démon chercha aussi à tourmenter le corps du saint : il lui faisait ressentir des douleurs soudaines, provoquait des bruits nocturnes pour le déranger et cherchait à lui arracher les os du corps. Une nuit, les confrères de Filippo l’entendirent crier depuis sa chambre : « Vous ne les aurez pas ! Les os sont à moi ! ». Ils accoururent et le trouvèrent éveillé, en sueur mais serein. Il raconta que le diable avait essayé de lui arracher les os du corps, comme pour détruire physiquement le temple du Saint-Esprit qu’il était devenu. Lorsqu’on lui demanda comment il avait réagi, il répondit en souriant : « J’ai fait le signe de croix… et je lui ai ri au nez ».
Les tentations : orgueil, vanité, ivraie
Le diable ne se contentait pas d’effrayer Filippo : il cherchait à s’insinuer dans ses pensées, à lui faire croire qu’il était spécial, à le pousser vers la vanité spirituelle, vers des pensées de grandeur ou vers la recherche de l’admiration publique. D’autres fois, il semait la discorde entre lui et ses disciples.
Comment Filippo répondait-il ?
Par des gestes d’humilité hilarants : il ne rasait que la moitié de sa barbe ; il sortait avec des fleurs sur la tête ou portait ses vêtements à l’envers ; il se montrait maladroit à dessein ; il parlait de manière comique devant des personnes importantes.
Il disait : « Mieux vaut être ridicule aux yeux des hommes qu’orgueilleux devant Dieu ».
L’exorcisme par le rire
Le diable se nourrit de la peur et de la tristesse. Mais San Filippo était le saint de la joie, et cela le rendait invulnérable. Un jour, un homme tourmenté par des visions et d’étranges voix vint le voir. Au lieu de commencer un long exorcisme solennel, Filippo le fit asseoir et se mit à lui raconter des blagues. Au bout d’une demi-heure, l’homme se mit à rire de bon cœur… et les tourments cessèrent complètement. Filippo expliqua : « Le démon déteste la joie. Là où il y a une véritable gaieté, il ne résiste pas ».
Le cœur en flammes (au sens littéral)
Filippo n’était pas seulement un homme joyeux : lors d’une Pentecôte, une flamme mystique frappa son cœur. Ses côtes se déplacèrent physiquement pour contenir l’amour de Dieu qui brûlait en lui. À partir de ce jour, ceux qui s’approchaient de lui ressentaient une chaleur réelle, presque brûlante.
Le démon savait lui aussi que ce cœur était inaccessible. Également pour une autre raison.
L’arme secrète
Filippo savait qu’il ne devait pas compter sur sa propre force, mais sur Dieu. Son aide la plus immédiate et la plus puissante venait de l’intercession de la Vierge Marie.
Filippo racontait souvent : « La nuit dernière, le diable a essayé de m’effrayer, mais je me suis recommandé à la Très Sainte Vierge et elle m’a délivré ». En effet, un soir, lorsque le diable lui apparut sous une forme terrifiante, saint Filippo invoqua l’aide de la Reine du ciel et le malin disparut immédiatement. Chaque fois qu’il se sentait tenté, il recourait à la Vierge Marie pour obtenir de l’aide, sans jamais être déçu.
Cette approche rejoint ce que témoignent de nombreux exorcistes : le diable hait profondément la Bienheureuse Mère. Elle représente le plus grand exemple de fidélité à Dieu et constitue une véritable « épine » dans les projets du démon. Saint Filippo le savait bien.
Ainsi, le secret de saint Filippo Neri résidait dans une confiance profonde et constante en l’aide et l’intercession de la Vierge Marie, capable de le libérer facilement du diable chaque jour. Un exemple lumineux de la manière dont la dévotion à Marie peut être une arme puissante dans le combat spirituel.
Saint Filippo Neri nous laisse un héritage spirituel unique et profond : on peut combattre le mal avec l’aide de Marie sans perdre le sourire. C’est pourquoi il disait souvent : « Un saint triste est un triste saint ».
Et aujourd’hui, dans notre monde anxieux et accablé de fardeaux, son message est plus précieux que jamais.
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