Camminiamo insieme
Interview avec sœur Chiara Carla, clarisse
Tempo di lettura: 9 min
Autore: Editrice Shalom
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Je me présente : je suis sœur Chiara Carla, j’ai 62 ans, originaire de Cagliari, moniale clarisse depuis trente ans au monastère Sainte-Claire d’Urbino. On m’a donné l’occasion, que j’accepte bien volontiers, de collaborer à la réalisation de cette interview au ton fraternel… j’en suis ravie ! Mais venons-en maintenant au fait, en espérant répondre aux attentes des lectrices et des lecteurs.
Définis-toi en trois adjectifs
Question pas simple, plus facile pour ceux qui te regardent de l’extérieur, pour ceux qui te connaissent ! Quoi qu’il en soit, en me regardant avec le plus d’objectivité possible, je me définirais comme une femme passionnée, curieuse et enthousiaste.
Quel était ton rêve d’enfant ?
Mon rêve d’enfant était lié à deux aspects, le premier professionnel et le second humain et familial ; concernant le travail, je désirais vraiment devenir institutrice ou coiffeuse ; institutrice parce que j’avais une enseignante de primaire formidable : c’était mon modèle ! De plus, j’aimais les enfants, alors comme aujourd’hui. Ce rêve s’est ensuite réalisé sous la forme de l’enseignement du latin et du grec au lycée classique, qui a été ma profession jusqu’au jour de mon entrée au monastère. Coiffeuse, en revanche, parce que j’adorais coiffer les poupées et inventer des coiffures toujours nouvelles : mon rêve secret était de passer de la tête des poupées à celle de belles dames élégantes ! Du point de vue du « statut », je me voyais mariée avec beaucoup d’enfants et j’avais déjà identifié mon futur époux : un certain, par ailleurs célèbre, monsieur Ferrero, Piémontais, magnat de la tout aussi célèbre Nutella ! La raison est facile à imaginer, elle n’a pas besoin d’explications : « Si je l’épouse, je l’aurai, elle ! »
Comment la vocation à la vie contemplative a-t-elle mûri en toi ?
La vocation à la vie contemplative a mûri en moi peu à peu ; durant mes années de jeunesse, j’étais fascinée par le fait de me donner aux autres, en particulier aux plus pauvres et aux plus démunis, et je cherchais donc à consacrer à ces frères et sœurs en difficulté le temps libre dont je disposais d’abord après mes études, puis après mon travail. Mon père spirituel m’avait conseillé d’ajouter aux nombreuses activités de bénévolat que j’exerçais des temps de prière silencieuse, ce que j’ai commencé à faire. La conséquence de ce choix de prier et pas seulement de « faire » m’a lentement amenée à comprendre et à apprécier la valeur de « l’être »… de « l’être » et de « la présence » ! Ainsi, progressivement, les temps de prière et de silence, souvent devant Jésus-Hostie, se sont multipliés au détriment du bénévolat et plus je demeurais silencieusement devant le Seigneur, plus je sentais que ma prière, bien que pauvre et simple, était précieuse, car je rappelais au Seigneur les nombreuses personnes qui se trouvaient dans le besoin ; avec le temps, j’ai aussi appris à prier pour ceux que je ne connaissais pas directement et, enfin, pour le monde entier. Je sentais, je percevais que cette « présence auprès de Jésus », dans l’intimité, était une manière de prier puissante, forte et précieuse, qui comptait pour moi plus que tout. J’ai donc consacré davantage de temps à la prière et je me suis rendu compte que même les nombreuses belles expériences que je vivais (études, travail, bénévolat, amis, histoires d’amour, fêtes et voyages) avaient moins de valeur à mes yeux face au fait que mon petit amour, uni à l’Amour immense et infini de Dieu, pouvait sauver le monde et faire tant de bien à tous ; j’ai donc commencé à croire véritablement que, comme le dit saint Jean de la Croix, « un acte d’amour sincère vaut plus que toutes les actions de ce monde » ; je sentais que Dieu me confiait la tâche de prier pour tous, dans l’amour et dans la foi. Ainsi, peu à peu, à l’âge de 32 ans, je suis entrée au monastère des Clarisses où je vis aujourd’hui avec mes treize sœurs.




