Pour demander au Seigneur de nous délivrer du Malin, quelles prières pouvons-nous réciter ? Sais-tu que les prières de délivrance peuvent être récitées par quiconque souhaite demander au Seigneur, pour soi-même ou pour les autres, la guérison et la délivrance du mal et du Malin ?
La prière de délivrance est un instrument puissant et efficace placé entre les mains de tout fidèle qui souhaite non seulement prier pour lui-même, mais aussi aider celui qui traverse une profonde souffrance spirituelle à cause de l’influence du Malin.
Certes, il ne faut pas la confondre avec l’exorcisme, mais puisque la différence est fondamentale, clarifions les choses !
Qu’est-ce que la prière de délivrance ?
La prière de délivrance est une prière privée qui peut être faite par tous, individuellement ou en groupe, et pour tous ; elle ne requiert aucune autorisation. Mais elle doit être faite correctement : bien qu’elle n’ait pas de schémas ni de formules fixes, il faut observer les normes générales de la prière que nous indique également le Catéchisme de l’Église catholique dans le chapitre consacré à la prière chrétienne.
La prière de délivrance est donc une prière privée d’intercession, faite pour soi-même ou pour les autres, individuellement ou par un groupe de fidèles ou n’importe quel prêtre, afin d’implorer de Dieu, en se confiant toujours dans la force de l’Esprit Saint, la délivrance de celui qui souffre à cause de l’action ordinaire du Malin.
Il est donc louable que les fidèles prient individuellement et en communauté, également dans l’intention de demander la délivrance du Malin. Il convient de préciser que c’est l’adhésion à Jésus qui libère des liens et des pièges du démon : qui veut être vraiment libre doit redécouvrir la beauté d’une vie chrétienne authentique, vécue dans la prière, l’écoute et l’adhésion à la Parole de Dieu, dans la participation active aux sacrements, en premier lieu l’Eucharistie et la Réconciliation, et dans un engagement généreux envers la charité.

Quelle différence y a-t-il entre l’« exorcisme » et la « prière de délivrance » ?
La différence est fondamentale. L’exorcisme est un sacramental qui engage l’autorité de l’Église et ne peut être administré que par les évêques ou les prêtres autorisés par les évêques.
Pendant l’exorcisme, le prêtre affronte directement le démon et lui ordonne, au nom de l’Église, de s’en aller : « Va-t’en, Satan… ».
Dans la prière de délivrance, les prêtres et les laïcs, individuellement ou en communauté, prient le Seigneur d’intervenir pour délivrer la personne qui souffre : « Seigneur, nous te prions de délivrer… ».
C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec le Notre Père, lorsque nous disons à la fin : « Délivre-nous du mal ». Le mot « mal », dans ce contexte, englobe tout mal susceptible de frapper l’être humain, et donc certainement aussi le plus grand mal, celui qui vient de Satan.
Clarifions les choses
Dans de nombreux livres de prières, on trouve la traduction italienne de l’exorcisme du pape Léon XIII et certains prêtres soutiennent également que les laïcs peuvent le réciter.
Cependant, le pape Benoît XVI, lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrivait au n° 2 d’une circulaire du 29 septembre 1985 :
« Il n’est même pas permis aux fidèles d’utiliser la formule de l’exorcisme contre Satan et les anges rebelles, extraite de celle publiée sur ordre du Souverain Pontife Léon XIII, et encore moins leur est-il permis d’utiliser le texte intégral de cet exorcisme. Les évêques veilleront à avertir les fidèles, en cas de nécessité, à ce sujet ».
Il existe donc, contre cet usage, un décret précis et clair du Vatican.

Qui peut faire la prière de délivrance ?
Ainsi, tout croyant peut prier pour sa propre délivrance et celle de ses frères, mais sans jamais réciter d’exorcismes, en se joignant également à des groupes qui poursuivent cet objectif.
En effet, la prière en groupe est toujours plus efficace que la prière individuelle. Jésus a dit : « Si deux d’entre vous, sur la terre, se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, mon Père qui est aux cieux le leur accordera » (Mt 18,19).
La force de la louange
Le père Gabriele Amorth enseignait que, dans la prière de délivrance, utilisée dans les cas les moins graves et récitée par les laïcs, c’est la louange qui acquiert la force décisive. La Bible nous le dit également : pendant la bataille contre Amalec, Moïse prie sur la montagne et ce sont ses bras levés en prière qui obtiennent la victoire (cf. Ex 17,8-14).
Jésus-Christ a remporté la victoire décisive sur le Malin et la prière de louange est capable de réordonner l’univers blessé par le péché.
Le Malin avait tenté d’éteindre la louange au ciel, en entraînant les anges rebelles en enfer. Il tenta ensuite d’interrompre la louange d’Adam, l’homme qui devait recueillir la voix de l’univers et louer le Créateur. Désormais, chaque fois que l’ennemi entend la prière de louange, il revit la victoire du Christ, par laquelle il a été vaincu. La louange de Dieu est désormais le chant du Christ victorieux : sur la mort, sur le péché, sur les démons.
Dès aujourd’hui, souvenons-nous donc de deux choses :
1. Chaque fois que nous nous tournons vers le Seigneur avec la prière du Notre Père, la demande « Délivre-nous du mal » contient toute la force d’une authentique prière de délivrance !
2. Louons toujours Dieu, pour toute chose et en tout lieu, louons-le pour la lune, pour les étoiles, pour la vie, pour le jour, pour la nuit, pour l’amitié… nous nous unirons ainsi au chant victorieux de Jésus-Christ crucifié et ressuscité !





