liturgia del giorno 25 dicembre 2021

Editrice Shalom

Tempo di lettura: 20 min
Autore: Editrice Shalom

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Liturgie du jour : 25 décembre 2021

Saint Noël

Textes tirés du Missel « Sur Ta Parole » novembre-décembre 2021

Noël du Seigneur (solennité)
propre


Messe du soir de la veille

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 62,1-5)
Par amour pour Sion, je ne me tairai pas, pour l’amour de Jérusalem, je ne prendrai aucun repos, jusqu’à ce que sa justice paraisse comme l’aurore et que son salut ne brille comme une lampe. Alors les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire ; on te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur désignera. Tu seras une couronne splendide dans la main du Seigneur, un diadème royal dans la paume de ton Dieu. On ne te nommera plus « Délaissée », et ta terre ne sera plus appelée « Désolation », mais on te nommera « Ma Préférée », et ta terre « L’Épousée », car le Seigneur mettra sa préférence en toi, et ta terre aura un époux. Comme un jeune homme épouse une vierge, celui qui t’a créée t’épousera, et comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. – Parole de Dieu.

Commentaire de la première lecture

À plusieurs reprises, dans l’Ancien Testament, la relation entre Dieu et son peuple est décrite en termes d’« alliance ». Habituellement, ce terme désigne un pacte entre deux peuples qui s’allient pour affronter un ennemi commun. Dans l’Écriture sainte, le terme de comparaison le plus utilisé est au contraire celui de l’alliance qui s’établit entre l’homme et la femme lorsqu’ils se marient, union beaucoup plus intime et profonde que celle qui peut exister entre deux peuples. Dieu se nomme parfois lui-même « Époux », tandis qu’Israël est l’épouse. Dans ce passage d’Isaïe également, Dieu se présente comme l’Époux et déclare à son épouse qu’elle ne sera plus abandonnée. Dans l’Évangile, ensuite, Jésus se compare encore plus clairement à l’époux : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux ? » (cf. Mc 2,19). Et qui est l’épouse ? Non plus un peuple au sens général, mais chaque personne. Dans le Christ, l’alliance est donc bien plus intime et profonde que n’importe quel pacte et c’est pourquoi elle est appelée « nouvelle alliance », scellée par le Sang. Dans l’incarnation du Verbe, à Noël, cette alliance est conclue une fois pour toutes.


DEUXIÈME LECTURE

Des Actes des Apôtres (Ac 13,16-17.22-25)
Paul, [arrivé à Antioche de Pisidie, dans la synagogue,] se leva et, d’un geste de la main, demanda le silence, puis il dit : « Hommes d’Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. Le Dieu de ce peuple d’Israël a choisi nos pères et il a fait grandir le peuple pendant son exil au pays d’Égypte ; puis, par la force de son bras, il les en a fait sortir. Il a ensuite suscité pour eux David comme roi, et lui a rendu ce témoignage : “J’ai trouvé David, fils de Jessé, homme selon mon cœur ; il accomplira toutes mes volontés.” De la descendance de David, selon la promesse, Dieu a fait venir un sauveur pour Israël : c’est Jésus. Avant sa venue, Jean avait proclamé un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Vous pensez que je suis le Christ ? Non, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de délier les sandales de ses pieds.” » – Parole de Dieu. 

Commentaire de la deuxième lecture

Pour parvenir à proclamer le message central, le style de prédication des Juifs consistait souvent à reprendre toute l’histoire sainte. Paul était un ancien pharisien et un grand prédicateur ; lui aussi utilise la méthode qui consiste à faire mémoire des grands événements du passé pour parvenir ensuite au moment central de la naissance de Jésus. Dieu n’a ni renié ni effacé les événements de l’histoire sainte, mais il a récapitulé toute chose en Jésus ; en lui s’accomplissent toutes les espérances messianiques et il est le point ultime de l’histoire. Cela devait convaincre les auditeurs et les aider à accueillir la vérité. Nous savons ensuite comment les choses se sont passées : certains s’ouvrirent et devinrent chrétiens, tandis que d’autres s’endurcirent et refusèrent d’accueillir la voix de l’Esprit. Le contenu de la prédication paulinienne n’est pas sorti de nulle part, comme s’il était le fruit de ses capacités charismatiques de prédicateur ou de révélations supposées, mais il repose sur des faits concrets et vérifiables, et peut donc satisfaire le rationaliste le plus tenace. Mais il faut aussi la foi, ce saut nécessaire pour ouvrir le cœur. Foi et raison ne sont pas en opposition ; histoire et prophétie vont de pair.


ÉVANGILE

De l’Évangile selon saint Matthieu (Mt 1,1-25)
Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmon, Salmon engendra Booz, de Rahab, Booz engendra Obed, de Ruth, Obed engendra Jessé, et Jessé engendra le roi David. David engendra Salomon, de la femme d’Ourias, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amos, Amos engendra Josias, Josias engendra Jéconias et ses frères, à l’époque de l’exil à Babylone. Après l’exil à Babylone, Jéconias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadoc, Sadoc engendra Achim, Achim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations. Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel », qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile

La généalogie nous dit que Joseph descend du roi David. À partir de là, la lignée davidique s’interrompt, car Jésus naît de Dieu et a pour mère la Vierge Marie, qui est de lignée lévitique et sacerdotale. Dans le Christ se résument ainsi toute la royauté d’Israël et la plénitude du sacerdoce : il est le véritable roi et l’unique grand prêtre. Matthieu met clairement en lumière la naissance du sein virginal de Marie, afin qu’il soit bien clair que le Sauveur reçoit toute son humanité uniquement de la Vierge Marie. La relation entre Jésus et Marie est extraordinaire : elle dit à son Dieu les paroles « Mon Fils », qui sont précisément celles que le Père, de toute éternité, adresse à son Verbe divin. La Madone ne « vole » pas ces paroles au Père, car Jésus est réellement son fils, pleinement. Mais ce qui est extraordinaire, c’est que Jésus dira, quelques mois après sa naissance, les mots « ma mère ! » à la Madone. Que cela ne nous semble pas normal, car dans cette relation d’amour entre mère et fils se trouve toute la richesse de la vie, aussi bien dans le temps que dans l’éternité. Mais puisque Jésus est Dieu-avec-nous, nous sommes maintenant appelés, nous aussi, à entrer dans ce dialogue ineffable. Jésus nous adressera également sa parole : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis » (cf. Jn 15,15).


Messe de la nuit

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 9,1-6)
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse. Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur eux, la barre qui meurtrissait leurs épaules, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les dévore. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! L’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers ! – Parole de Dieu.

Commentaire de la première lecture

À l’époque d’Isaïe, la région de la Galilée est constamment menacée par les Assyriens ; ce sont des jours difficiles et sombres. Mais c’est précisément de cette terre qu’une lumière doit resplendir. S’agira-t-il d’une revanche militaire ? De l’aide d’armées alliées ? Pas du tout : ce sera la naissance d’un enfant. Le prophète lui attribue des titres honorifiques grandioses : « Merveilleux-Conseiller », « Dieu-Fort », « Père-à-jamais » et « Prince-de-la-Paix ». Il n’est pas possible de dire tout cela d’un enfant ordinaire, aussi noble ou issu d’une famille valeureuse soit-il : il s’agit ici d’un enfant différent de tous les autres, dont le règne est annoncé comme éternel. Un nouveau-né de quelques jours est ce qu’il y a de plus faible et de plus fragile, et pourtant les titres qui lui sont donnés sont magnifiques ; c’est là que se trouve la révélation de Dieu : il prend une chair mortelle dans un petit enfant pour parcourir toutes les étapes de la vie humaine et être solidaire de tous les hommes. Il connaîtra la faim, la fatigue, l’exil et les persécutions, mais en temps voulu il remettra au Père le royaume reconstitué et purifié par son propre sacrifice.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre de saint Paul apôtre à Tite (Tt 2,11-14)
Mon enfant, la grâce de Dieu s’est manifestée, apportant le salut à tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent avec mesure, justice et piété, dans l’attente de la bienheureuse espérance et de la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de purifier un peuple qui lui appartienne, en faisant de nous un peuple ardent à faire le bien. – Parole de Dieu.

Commentaire de la deuxième lecture

L’apôtre Paul écrit au disciple Tite, qui est évêque sur l’île de Crète. Il lui parle de Jésus, ce Jésus que tous deux suivent, servent et aiment. Qui est Jésus pour eux ? Dans ces quelques lignes, d’une grande valeur spirituelle et presque mystique, le vieux Paul s’épanche dans un véritable acte d’amour envers le Christ. Jésus est celui qui apporte le salut, parce qu’il « s’est donné pour nous ». Nous ne devons jamais oublier le don que le Seigneur a fait de lui-même, de manière totale, non pas pour l’humanité en général, mais « pour nous », pour moi et pour toi. Il nous donne son Corps, son Sang, son âme et sa divinité. Mais l’amour n’est jamais à sens unique : il exige l’accueil et la réponse ; le « peuple pur » qu’il a formé est « ardent à faire le bien ». Notre amour pour Jésus se démontre non par des paroles, mais par de bonnes œuvres, c’est-à-dire par une vie entièrement dépensée pour lui. L’amour veut et exige l’amour. Vivre en dehors de cette dimension signifie ne pas connaître Jésus, car la vie divine est un engagement total. Cela vaut pour Tite, évêque, comme pour tout homme qui veut se dire chrétien.


ÉVANGILE

De l’Évangile selon saint Luc (Lc 2,1-14)
En ces jours-là, un décret de l’empereur Auguste ordonna de recenser toute la terre. Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile

La grande joie, qui sera celle de tout le peuple, se trouve dans l’annonce de l’ange : « Aujourd’hui vous est né le Sauveur ». C’est un fait, un événement, et non quelque chose sur quoi raisonner. Des myriades d’anges apparaissent et exultent pour cet événement, et les bergers ne font que s’unir à cette liturgie. Le ciel et la terre sont désormais unis pour toujours, car Dieu est descendu et a fait de ces deux mondes une seule réalité. Avec notre intelligence, nous aurions peut-être cherché un autre Dieu, pas un enfant. Et pourtant, Dieu est maintenant dans cet enfant, et c’est la bonne nouvelle qui demeurera telle jusqu’à la fin du monde. L’objet de l’annonce de l’Église, de génération en génération, reste en effet le même : « Aujourd’hui, le Sauveur est là ». Nous ne sommes plus seuls, car toute solitude est vaincue et même le pire pécheur peut retrouver l’amitié de Dieu s’il croit, accueille, se repent et adore. Et il n’est pas difficile d’adorer Dieu dans le Christ : il suffit de la foi, cette foi que les bergers montrèrent en allant immédiatement auprès de Jésus pour le voir et l’aimer. Les bergers étaient les derniers de l’échelle sociale d’Israël, mais le Dieu qui se révèle les choisit précisément pour se manifester : aux pauvres est annoncée en premier la bonne nouvelle.


Messe de l’aurore

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 62,11-12)
Voici ce que le Seigneur fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre : « Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ; avec lui, le fruit de son travail, et devant lui, son ouvrage. » Eux, ils seront appelés « Peuple saint », « Rachetés-du-Seigneur », et toi, on t’appellera « La-Désirée », « La-Ville-qui-n’est-pas-délaissée ». – Parole de Dieu.

Commentaire de la première lecture

Le chapitre 62 du livre d’Isaïe présente la ville de Jérusalem comme l’« épouse » du Seigneur. Le thème nuptial est très présent dans l’Écriture sainte : Dieu est l’époux et le peuple saint, l’épouse. Il ne s’agit donc pas d’une relation distante ou simplement juridique : rien n’est plus intime, profond et durable que le véritable amour entre l’homme et la femme dans le mariage. Des extrémités de la terre s’élève donc le cri de Dieu qui s’adresse à son épouse : avec l’arrivée du Sauveur, la ville ne pourra plus se dire abandonnée, mais sera au contraire sainte et rachetée. Avant l’Incarnation, cet appel pouvait sembler n’être qu’une annonce ; à présent, à Noël, il devient réalité : Jésus se donne comme le véritable Époux de l’âme, parce qu’il est homme de chair et d’os ; homme en qui « habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2,9). Aimer Jésus, c’est alors devenir participants de sa divinité, désormais « mise à disposition » en vertu de sa naissance, de sa mort et de sa résurrection. Nous devons donc aujourd’hui méditer aussi sur la Passion et sur le don de l’Esprit Saint, car le Mystère du Christ s’accueille dans son unité.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre de saint Paul apôtre à Tite (Tt 3,4-7)
Mon enfant, lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions, dans l’espérance, héritiers de la vie éternelle. – Parole de Dieu.

Commentaire de la deuxième lecture

Le thème de la miséricorde de Dieu et de la gratuité de sa Grâce est cher à l’apôtre Paul. Nous ne sommes pas sauvés par les œuvres justes que nous accomplissons, car il doit être clair que notre agir chrétien est toujours porté par la grâce divine, que le Sauveur répand « sur nous en abondance ». Il est évident que nous devons accomplir de bonnes œuvres, qui nous coûtent parfois engagement et effort, mais qui sont pleinement efficaces lorsqu’elles proviennent d’un cœur humble qui, avant d’accomplir les œuvres, a accueilli la présence de Jésus. Enfin, l’homme dans la grâce de Dieu, quoi qu’il fasse, le fait comme une bonne œuvre. Paul était un opposant acharné aux chrétiens, un homme « violent », comme il se définit lui-même. Il a eu besoin de la rencontre avec la grâce pour comprendre qu’il se trompait complètement et ainsi, une fois rétabli dans l’Esprit de Dieu, il a commencé à accomplir toutes ses œuvres justes et saintes. C’est ce principe qu’il inculque aux autres, car il a connu ce que signifie passer des ténèbres à la lumière. Il se sent débiteur, aimé gratuitement.


ÉVANGILE

De l’Évangile selon saint Luc (Lc 2,15-20)
Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour retourner au ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller et découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’émerveillaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Puis les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile

Nous sommes devant la première évangélisation de l’histoire chrétienne. Les bergers ont reçu l’annonce d’aller voir le Sauveur, né quelque part à Bethléem, et ils y vont sans délai, parce qu’un ange du ciel le leur a dit. Ils croient sans douter. Telle est l’obéissance de la foi : immédiate, sûre. Ils vont, adorent, croient. De retour dans leurs lieux, ils ne parviennent pas à taire ce qu’ils ont vu, suscitant une grande stupéfaction chez ceux qui les écoutent. Le « schéma » que nous observons est le suivant : 1) ils reçoivent l’annonce ; 2) ils voient Jésus ; 3) ils le racontent à tous. Cette tripartition est propre à tous les évangélisateurs qui viendront ensuite dans l’Église. Ils accueillent la nouvelle de la présence de Jésus dans le monde par leurs parents ou par celui qui, le premier, leur parle du Seigneur ; ils le cherchent, le prient, le trouvent, le connaissent et l’accueillent, ils en font l’expérience. Puis, par conséquent (troisième temps), ils ressentent le besoin d’en parler aux autres, afin qu’à leur tour, eux aussi courent vers le Seigneur et le rencontrent. Cette nuit-là, les bergers ne s’attendaient certainement pas à être invités à entrer dans cet événement de grâce, mais ils l’accueillirent immédiatement avec foi et joie, car ils étaient simples et purs de cœur. Nous leur sommes tous redevables !


Messe du jour

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 52,7-10)
Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pas du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion : « Ton Dieu règne. » Une voix ! Tes guetteurs élèvent la voix, ensemble ils crient de joie, car ils voient de leurs yeux le retour du Seigneur à Sion. Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la force de son bras saint aux yeux de toutes les nations, et tous les lointains de la terre verront le salut de notre Dieu. – Parole de Dieu.

Commentaire de la première lecture

Jérusalem est une ville détruite. Le temple grandiose construit par Salomon avait été incendié et réduit en pièces, la population avait été déportée à Babylone, où elle était restée soixante-dix ans en esclavage. Dans cette ville arrive soudain le messager qui apporte la grande nouvelle : l’esclavage est terminé et le Seigneur va revenir, il a « racheté Jérusalem » ; les guetteurs, découragés et fatigués, exultent et répètent la nouvelle aux quelques habitants restés dans la ville. La prophétie d’Isaïe s’accomplit pleinement aujourd’hui, jour de Noël, car le royaume de Dieu se reconstruit pleinement lorsque son roi, Jésus, naît pour entrer triomphalement dans la ville sainte et rétablir le monde dans la paix. Tous les lointains de la terre verront, dit le prophète, et aujourd’hui enfin ils voient : la prophétie s’accomplit, car la parole de Dieu ne ment pas. Nous aussi, nous sommes appelés à exulter non moins que ces guetteurs, car nos yeux ont vu le salut dans le Christ Jésus ; à Noël, nous ne pouvons pas être tristes.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre aux Hébreux (He 1,1-6)
À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans les temps anciens, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine dans les hauteurs célestes ; et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur. Car Dieu n’a jamais dit à aucun des anges : « Tu es mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Ou encore : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. » À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : « Que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui. » – Parole de Dieu.

Commentaire de la deuxième lecture

Le mot « à la fin », contenu dans ce prologue de la lettre aux Hébreux, ne signifie pas « durant ces derniers jours », mais « de manière ultime, définitive ». Auparavant, il y avait les prophètes, qui apportaient au monde la parole de Dieu selon les différentes exigences, mais eux aussi n’étaient que de simples hommes ; ils ne prophétisaient que de temps à autre, puis, le reste du temps, parlaient de choses ordinaires comme tout le monde. Le Fils, en revanche, ne parle pas avec la parole de Dieu de manière occasionnelle, car il est lui-même la parole de Dieu, puisqu’il est Dieu. Tout ce que Jésus dit est donc toujours une parole dite par Dieu. « Il porte l’univers par sa parole puissante », dit la lettre, car de la bouche de Dieu ne sortent que des paroles de vérité. Jésus est donc nécessairement supérieur également aux anges, qui sont des créatures, aussi éminentes soient-elles. C’est si vrai que lorsque Jésus apparaît dans le monde, les anges s’arrêtent, se tournent vers l’enfant et l’adorent. Plus tard, cet enfant parlera, mais en attendant, adorons tous le Verbe de Dieu dans son silence d’enfant, afin de préparer nos cœurs à accueillir toute parole qui sortira ensuite de sa bouche.


ÉVANGILE

De l’Évangile selon saint Jean (Jn 1,1-18)
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile

Le prologue de l’Évangile de Jean se prête moins à être médité qu’à être intériorisé avec humilité et adoration, comme il convient en cette solennité de Noël. Il n’y a pas de raisonnements à faire, mais nous devons nous disposer à accueillir, assimiler et adorer. Le Verbe de Dieu était auprès du Père, nous dit l’Apôtre, et maintenant il s’est fait chair. Sans l’Incarnation, toute relation avec Dieu serait impossible, car seul Jésus connaît le Père, puisqu’il est en lui depuis toute éternité. Si nous l’accueillons, il nous donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Le fils a la même nature que celui qui l’a engendré ; l’homme peut donc être divinisé s’il accueille, croit et se conforme à Jésus. On ne naît donc pas enfant de Dieu, on le devient. Et, une fois dans le Christ, il nous montre le visage du Père. Le mot « révéler » (le dernier mot du passage) vient du latin « retrum-velum-dare », qui signifie « lever le voile ». Jésus, dans son humanité que nous accueillons, lève le voile afin que nous puissions enfin voir le visage du Père, chose impossible dans l’Ancien Testament. Nous ne le verrons pas avec les yeux du corps, mais dans l’union intime avec le Christ, car il ne possède que le Père et ce qu’il possède, il nous le donne.


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Liturgie du jour : 25 décembre 2021

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