liturgia del giorno 25 dicembre 2023

Editrice Shalom

Tempo di lettura: 20 min
Autore: Editrice Shalom

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Liturgie du jour : 25 décembre 2023

Nativité

Textes tirés du Missel « Sur ta Parole » novembre-décembre 2023

Noël du Seigneur (solennité)
propre


Messe vespérale de la vigile

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 62,1-5)
Pour l’amour de Sion, je ne me tairai pas, pour l’amour de Jérusalem, je ne prendrai pas de repos, jusqu’à ce que sa justice paraisse comme l’aurore et que son salut brille comme une lampe. Alors les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire ; on te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur désignera. Tu seras une couronne magnifique dans la main du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu. On ne te nommera plus « Délaissée », on ne nommera plus ta terre « Désolation », mais on te nommera « Ma Préférée », et ta terre « L’Épousée », car le Seigneur t’a préférée, et ta terre sera épousée. Comme un jeune homme épouse une vierge, tes fils t’épouseront. Comme la fiancée fait la joie de son fiancé, tu seras la joie de ton Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

Dans cet oracle du prophète Isaïe, toute une ville devient comme une personne : elle reçoit un nom nouveau et devient l’épouse de Dieu, présenté comme son époux. Il s’agit de Jérusalem, qui redevient enfin le véritable lieu de Dieu, après les années durant lesquelles le peuple avait été déporté au loin et où la ville avait été abandonnée, plongée dans la désolation et le délaissement. Les personnifications des villes et des choses ne sont pas nouvelles dans le langage de l’Ancien Testament et annoncent toujours autre chose qui doit venir. Alors aujourd’hui, plaçons-nous dans cette Jérusalem idéale et faisons nôtres les paroles de l’ancien prophète : c’est nous qui ne sommes plus désolés, qui sommes remplis de joie, qui ne sommes plus ni abandonnés ni dévastés, et la raison en est que Dieu s’est fait homme, qu’il est l’Emmanuel (ce qui signifie Dieu-avec-nous), qu’il est Jésus. Il est venu parmi nous pour nous ouvrir les portes du ciel et ne nous abandonnera jamais : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20), nous a assuré le Seigneur. Voilà la source de toute notre joie, et aujourd’hui nous sommes appelés à en faire l’expérience vivante dans l’Esprit.


DEUXIÈME LECTURE

Des Actes des Apôtres (Ac 13,16-17.22-25)
Paul, [arrivé à Antioche de Pisidie, dans la synagogue,] se leva et, d’un geste de la main, demanda le silence, puis il dit : « Hommes d’Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. Le Dieu de ce peuple d’Israël a choisi nos pères et il a fait grandir le peuple pendant son séjour en Égypte ; puis, à la force du bras, il les en a fait sortir. Ensuite, il leur a suscité David comme roi, et lui a rendu ce témoignage : “J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.” De la descendance de cet homme, Dieu, selon la promesse, a fait venir Jésus, un sauveur pour Israël. Avant sa venue, Jean avait proclamé un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment où il achevait sa course, Jean disait : “Vous pensez que je suis le Messie ? Mais non. Le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui enlever ses sandales.” » – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

Lors de son premier voyage apostolique, Paul se trouve en pleine Asie Mineure, à Antioche de Pisidie (aujourd’hui en Turquie), et prêche aux Juifs qui y résident. Ceux-ci ne savent encore rien du Christ ; c’est la première fois qu’ils en entendent parler. Paul présente immédiatement Jésus comme Sauveur, sans détours. Pour étayer son discours, il affirme que Jean Baptiste (dont la renommée était probablement parvenue jusque dans ces régions lointaines) avait déclaré qu’il n’était que le précurseur et que le véritable envoyé du Père était Jésus. Aujourd’hui encore, l’Église ne cesse de proclamer aux nations que nous avons un seul Sauveur, un seul qui a réparé les péchés des hommes, un seul qui sert d’intermédiaire et de pont entre nous et le ciel, un seul grand prêtre. La force du message réside entièrement dans ces affirmations : ce sont des paroles qui peuvent ouvrir les cœurs, car nous avons tous besoin de comprendre pourquoi nous sommes au monde, ce qui viendra après notre mort et quelle valeur ont nos actes. Tout converge donc vers la foi au Christ. Tout le reste viendra ensuite, comme conséquence de notre acte de foi.


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Matthieu (Mt 1,1-25)
Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmon, Salmon engendra Booz, de Rahab, Booz engendra Jobed, de Ruth, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David. David engendra Salomon, de la femme d’Ourias, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Achaz, Achaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jéconias et ses frères, au temps de l’exil à Babylone. Après l’exil à Babylone, Jéconias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations. Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel », qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais il ne l’approcha pas ; et elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile du jour

Matthieu parle du Seigneur Jésus en remontant loin dans le temps, pour confirmer que tout ce qui a été dit de lui est vrai. L’Évangile ne nous présente pas une stérile liste de noms, mais un véritable arbre généalogique pour démontrer à tous que Jésus est de la descendance de David, de qui, comme cela avait été annoncé, devait venir le Messie. Il reprend ensuite la prophétie d’Isaïe selon laquelle on attend la naissance d’un enfant d’une femme vierge. C’est ainsi que cela se réalise pour Jésus, « né de Marie », comme l’Évangile le précise clairement. Tout concorde donc. Tous les éléments sont réunis pour croire que Jésus est celui qui était attendu, le Messie annoncé. On peut aussi ne pas croire, car Dieu nous laisse libres, mais sa parole nous met résolument sur le chemin qui ouvre le cœur à la foi et nous fait guider par les anciennes prophéties, qui conduisent sur la route de Bethléem. Les Mages, sans connaître les Écritures d’Israël, y sont parvenus grâce à l’observation du ciel et des étoiles, et ils l’ont adoré. Tous les signes conduisent à lui, car toutes choses ont été créées par lui et pour lui (Col 1,16). La création, l’histoire des peuples, tout converge vers ce point unique : l’incarnation divine de Dieu. Et de là, tout recommence.


Messe de la nuit

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 9,1-6)
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse. Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, tous seront brûlés, dévorés par le feu. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! L’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son royaume, qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers ! – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

L’intervention de Dieu dans l’histoire surprend le prophète Isaïe lui-même, qui voit dans la naissance d’un enfant l’événement le plus important à annoncer au peuple. Rien n’est plus commun ni plus normal que la naissance d’un enfant, et pourtant ce fait est chargé d’une importance extraordinaire. À son époque, Isaïe faisait probablement référence au roi d’Israël, pour qui la naissance d’un fils garantissait la continuité du royaume d’Israël en des temps difficiles, mais les évangélistes comme la tradition de l’Église voient à juste titre dans cet oracle l’annonce du véritable Messie et Roi, qui est unique et qui est Jésus. L’enfant annoncé porte des titres grandioses : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix ». L’attente du monde entier et de toutes les générations s’achève et se rassemble dans la grotte de Bethléem. L’événement des événements se réalise : Dieu lui-même se fait homme, entre avec son humanité divine dans le temps et l’espace et entre en relation humaine avec nous. Et il commence par le commencement : il se fait enfant, pour connaître toutes les étapes de la vie humaine, les parcourir, les assumer et toutes les sauver.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre de saint Paul apôtre à Tite (Tt 2,11-14)
Mon enfant, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, en attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de purifier un peuple qui lui appartienne, un peuple ardent à faire le bien. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

Reconnaître dans la naissance d’un enfant dans une grotte « la grâce de Dieu qui apporte le salut à tous les hommes » n’est pas du tout facile. Mais ce saut de foi nous rend précisément pleinement humains, car toutes choses ont été créées par lui et pour lui (Col 1,16). Sans le Christ, nous sommes loin de Dieu et nous ne parvenons pas à comprendre le sens profond des choses ; nous ne comprenons même pas pourquoi nous sommes nés ni ce que nous faisons dans ce monde. Dans le Christ, nous accomplissons tout, car nous, les hommes, sommes faits pour lui, constitués pour aimer et être aimés ; nous n’avons pas d’autre bonheur que dans l’amour. Cependant, ce n’est pas nous qui aimons les premiers : c’est Dieu qui nous a aimés. Noël est l’occasion de vivre la plus haute adoration et contemplation du mystère de Dieu qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16). Il n’y a rien à ajouter aujourd’hui, mais seulement à accueillir et à vivre dans le silence. Essayons de répéter plusieurs fois dans notre cœur les paroles que nous avons entendues cette nuit : « Il s’est donné pour nous ». Répétons-les, savourons-les, vivons-les.


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Luc (Lc 2,1-14)
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une multitude céleste, qui louait Dieu et disait : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile du jour

Dieu entre dans l’histoire du monde d’une manière totalement silencieuse et secrète. En soi, « l’humanisation » de Dieu aurait dû ou aurait pu apporter un renouvellement ou un élèvement total de toute la création. Pourtant, tout semble rester normal : Jésus naît, et le silence demeure. Le chemin pour connaître et reconnaître Dieu dans un enfant est d’abord enseigné par Marie et Joseph : ils croient, adorent, espèrent. Ils ne se posent pas beaucoup de questions, mais croient parfaitement et absolument que cet enfant est Dieu. Puis arrivent les bergers, qui entendent l’annonce et commencent à croire. Puis nous arrivons, après tant d’années, tant d’histoire et tant d’événements parfois contradictoires de l’humanité. Le monde semble être resté le même, aujourd’hui encore, mais en réalité tout a changé. Le renouveau se produit dans la sphère intime et personnelle, dans le cœur. Le chemin de la libération du mal est comme un fleuve karstique, souterrain et invisible. Les bergers sont les premiers à se laisser toucher par l’acte intime et personnel d’adoration. Il n’y a plus les anges à voir dans le ciel, spectacle fascinant et grandiose : il faut aller reconnaître Dieu dans la vision la plus humble que l’on puisse imaginer, celle d’un enfant. Et si nous l’accueillons, tout change.


Messe de l’aurore

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 62,11-12)
Voici ce que le Seigneur proclame aux extrémités de la terre : « Dites à la fille de Sion : Voici ton Sauveur qui vient ; avec lui, le fruit de son travail, et devant lui, son ouvrage. Ils seront appelés “Peuple saint”, “Rachetés par le Seigneur”. Et toi, on t’appellera “La-Désirée”, “La-Ville-qui-n’est-pas-délaissée”. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

Isaïe est le prophète aux vastes horizons. D’autres prophètes de l’Ancien Testament s’adressent au peuple d’Israël avec des rappels précis, des arguments concernant la vie religieuse, les devoirs de chacun, etc. ; Isaïe, au contraire, voit Israël comme la première des nations, car c’est de lui que naîtra le Messie, le Sauveur, qui sera destiné au monde entier et à toutes les générations jusqu’à la fin des temps. Voilà pourquoi Jérusalem est appelée « La-Désirée » : elle est essentielle à la vie du monde entier ; et elle est appelée « La-Ville-qui-n’est-pas-délaissée », parce que la source de la vérité et du bien, le Christ Seigneur, lui est donnée pour toujours. Cette annonce de l’Ancien Testament convient parfaitement à Noël, car celui que l’on cherche n’est pas un lieu, mais une personne : Jésus. La ville qui n’est pas délaissée n’est pas un ensemble de maisons et de palais, mais l’ensemble de tous les croyants dans le Christ qui, en accueillant le Seigneur qui vient, ne sont et ne seront jamais plus abandonnés à eux-mêmes. Toute l’attente du monde, toutes les larmes versées, tous les désirs exprimés se rassemblent maintenant dans la lumière de la grotte de Bethléem, car le Sauveur est né.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre de saint Paul apôtre à Tite (Tt 3,4-7)
Mon enfant, lorsque se sont manifestés la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de prétendues œuvres de justice que nous aurions accomplies, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions des héritiers ayant l’espérance de la vie éternelle. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

Pour bien comprendre l’amour de Dieu, nous devons entrer dans sa gratuité. Rien ne nous était dû, mais l’œuvre du salut naît de l’exubérance de son amour. Adam avait péché et toute la création était tombée dans la rébellion. L’amour de Dieu peut-il permettre que la créature, aimée et voulue par lui, demeure dans cette condition de peine ? Dieu veut que tous soient sauvés et c’est pourquoi, dans la plénitude des temps, apparaissent non seulement Jésus dans sa condition humaine, mais aussi la bonté de Dieu et son amour pour les hommes. Gardons toujours bien en tête ces deux aspects : la bonté de Dieu et son amour. Dieu ne veut pas seulement nous sauver du mal, mais nous faire pleinement participer à sa vie divine. Jésus n’est rien d’autre que la manifestation de la bonté et de l’amour de Dieu. Il est vrai que Jésus est aussi le juge des vivants et des morts, il est vrai qu’il est le rédempteur et le sauveur, mais tout doit toujours être vu et compris à l’intérieur de ces deux réalités qui englobent tout : la bonté et l’amour de Dieu. Nous autres, les hommes, sommes bons par moments et aimons imparfaitement, mais Dieu se manifeste comme bonté parfaite et amour absolu, dans le Christ Jésus.


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Luc (Lc 2,15-20 )
Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Puis les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. – Parole du Seigneur

Commentaire de l’Évangile du jour

Considérons la grandeur de ces bergers simples. Premièrement, ils croient. Ils avaient vu dans le ciel des anges annonçant la venue du Messie d’une manière inattendue, sous la forme d’un enfant né dans une grotte. Ils ne discutent pas : ils croient. Deuxièmement, ils vont, ils se mettent en route. Ils ne restent pas immobiles, ne remettent pas à plus tard, laissent là le troupeau et partent. Ils portent dans leur cœur le désir de voir ce en quoi ils croient déjà. Troisièmement, ils racontent. Ils ne craignent pas de paraître ridicules en disant qu’ils sont là parce que les anges l’ont annoncé (on aurait pu les prendre pour des exaltés ou des halluciné) ; ils disent la vérité des faits, confirmée par l’existence réelle de cet enfant dont parlaient ces anges. Ils entrent dans l’histoire sainte comme des protagonistes, accueillant les choses entendues et les rapportant en toute sincérité. Enfin, ils repartent, glorifient et louent Dieu. Pourtant, ils n’ont vu aucun signe prodigieux, l’enfant n’a accompli aucun miracle, tout leur a semblé normal, à l’exception de l’apparition des anges. Leur foi éclate en un chant joyeux : ils ne font que s’unir aux anges qui, entre-temps, se sont retirés dans les demeures célestes ; le chant des hommes remplace ainsi celui des cours angéliques.


Messe du jour

PREMIÈRE LECTURE

Du livre du prophète Isaïe (Is 52,7-10)
Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion : « Il règne, ton Dieu ! » Une voix ! Tes guetteurs élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie, car ils voient de leurs yeux le retour du Seigneur à Sion. Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la force de son bras saint aux yeux de toutes les nations ; et, d’un bout à l’autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

Déjà dans l’Ancien Testament résonne le chant de louange pour la venue du Seigneur. Le texte parle du retour de Dieu dans sa maison (Sion) après la période d’exil, mais la prophétie s’élargit et annonce une autre venue et un autre règne. Il ne s’agit plus d’un seul peuple qui se réjouit de la fin de l’exil, mais du monde entier qui reconnaît le salut de notre Dieu. Tout se réalise dans le secret de Noël, car il ne s’agit pas d’une conquête sociale ni du pouvoir humain sur le monde entier : il est question de la venue du Christ dans les cœurs, afin que les hommes qui l’accueillent aient la vie éternelle. Tout ce qui, dans l’Ancien Testament, est partiel, s’accomplit dans l’universel. Aujourd’hui, nous nous unissons donc aux hommes de toutes les nations et de tous les temps pour glorifier la venue du Christ sur la terre. Et si notre cri n’atteint pas encore matériellement tout le monde, nous ne pouvons renoncer à porter notre regard sur tous les hommes de tous les temps ; nous ne pouvons pas ne pas les embrasser tous et annoncer avec une foi certaine, en nous unissant à tous les anges du ciel, que Dieu est avec nous, l’Emmanuel.


DEUXIÈME LECTURE

De la lettre aux Hébreux (He 1,1-6)
À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils porte l’univers par sa parole puissante ; et, après avoir accompli la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les hauteurs célestes. Et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur. Car Dieu n’a jamais dit à aucun des anges : « Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Ou encore : « Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils. » À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : « Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

L’annonce est solennelle. Le fait que Dieu soit Fils et qu’il se rende visible dans le monde en assumant un corps humain est un événement saisissant, auquel nous ne pouvons jamais nous habituer. « Que tous les anges l’adorent », dit le texte de la lettre aux Hébreux. À plus forte raison, nous qui nous associons à eux, nous adorons aujourd’hui Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Avant même de savoir et de comprendre ce qu’il fera dans le monde, sa condescendance nous semble aujourd’hui sans limites : pouvoir le voir et l’adorer dans la faiblesse de la nature humaine (un enfant de quelques heures) bouleverse toutes les conceptions que nous pouvons avoir de Dieu. Dieu est maintenant tout entier là, comme si le Paradis s’était vidé, parce que le Père est dans le Fils et que Jésus dans la crèche possède tout l’Esprit Saint. Non, il ne s’est pas vidé : le Paradis est venu sur terre. Adorer est la chose la plus utile que nous puissions faire. Nous ne pouvons pas vivre uniquement de choses évidentes : nous avons besoin du Mystère et de l’adoration. Notre véritable nature est en effet l’adoration, car nous autres, les hommes, sommes faits pour la rencontre, l’étreinte et le don. Et Dieu se rend visible dans l’enfant Jésus pour être adoré, aimé et accueilli.


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Jean (Jn 1,1-18)
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile du jour

L’Évangile de la troisième messe de Noël proclame le solennel prologue de saint Jean. Il contemple ce qu’il a vu et en exprime la signification. Jean est un véritable grand théologien, qui nous fait connaître Dieu. Dieu, personne ne l’a jamais vu, nous dit-il, et c’est le Fils qui l’a révélé. Le mot « révéler » vient du latin retro velum dare, qui signifie « soulever le voile ». Au théâtre, on lève le rideau et l’œuvre commence. Avant cela, personne ne voit rien, mais lorsque le voile se lève, tous se taisent et voient la scène qui était déjà prête. C’est ce qui se produit lorsque Jésus apparaît dans la chair humaine : les hommes voient Dieu, car seul le Fils peut « soulever le voile » et nous montrer le visage du Père. Lui seul le connaît, lui seul vit de lui. Oui, sans Jésus, tout semble dépourvu de sens et même « Dieu » reste un mot vide, voire inaccessible. Mais dans le Christ, nous possédons désormais la plénitude et nos yeux intérieurs contemplent le visage du Père. Au Paradis, rien de plus ne nous sera donné, car le Paradis a déjà commencé sur terre. Le Paradis est une personne : le Christ ressuscité. Ne cherchons rien d’autre, ne cherchons pas au-delà : nous avons déjà tout. Venez, adorons en silence et contemplons Dieu dans l’enfant qui est né.


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