Textes tirés du Messalino « Sur Ta Parole » novembre-décembre 2023
2e dimanche de l’Avent (B)
2e sem. psaumes
PREMIÈRE LECTURE
Du livre du prophète Isaïe (Is 40,1-5.9-11)
« Consolez, consolez mon peuple - dit votre Dieu -. Parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que son épreuve est achevée, que sa faute est expiée, car elle a reçu de la main du Seigneur le double pour tous ses péchés. » Une voix crie : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, aplanissez dans la steppe la route pour notre Dieu. Que toute vallée soit comblée, toute montagne et toute colline abaissées ; que les escarpements se changent en plaine et les reliefs en vallées. Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair la verra, car la bouche du Seigneur a parlé. » Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion ! Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas ; dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance, son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. » - Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
Celui qui annonce de bonnes nouvelles doit monter sur une haute montagne, afin que tous puissent le voir, et il doit élever fortement la voix, afin que tous puissent l’entendre. La période de déportation est terminée et enfin, tous rentrent chez eux. C’est l’annonce tant attendue, qui suscite une grande joie parmi le peuple, comme on peut aisément l’imaginer. Le contexte de la lecture est historique : on proclame un retour dans la patrie qui se réalise véritablement, mais on peut aussi la lire comme l’actualité de la véritable libération, celle du mal et du péché, annoncée par le Christ et par l’Église. Nous sommes appelés à aller dans le monde entier et à annoncer l’Évangile (Mt 28,19), comme des sentinelles qui s’adressent à des peuples fatigués, déçus et découragés. Nous devons ressentir et assumer cette responsabilité, car la vérité sur Dieu et sur le monde se trouve précisément dans l’Église et dans le message chrétien. Pouvons-nous nous taire ? Non, nous deviendrions complices du mal. Même si nous ne crions pas ou ne montons pas sur la montagne, que notre voix chrétienne parle constamment de Dieu à tous, car tous doivent entendre sa voix, le connaître et l’aimer.
DEUXIÈME LECTURE
De la deuxième lettre de saint Pierre apôtre (2 P 3,8-14)
Mes bien-aimés, il ne faut pas perdre de vue une chose : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, comme certains le prétendent. Il prend plutôt patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; alors les cieux disparaîtront dans un grand fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec tout ce qu’elle contient, sera détruite. Ainsi, puisque toutes ces choses sont appelées à disparaître, quels ne devez-vous pas être, par votre sainte conduite et votre piété, vous qui attendez et hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés fondront ! Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. C’est pourquoi, mes bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour que Dieu vous trouve dans la paix, sans tache et irréprochables. - Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
La lettre de Pierre est le seul écrit du Nouveau Testament à décrire la fin du monde comme un grand incendie qui brûlera tout. Imaginez-vous la terre entière en flammes dans un immense et impressionnant brasier qui fait fondre tous les éléments ? C’est ainsi que cela est écrit. Et face à cette vision, que sera donc toute la gloire humaine ? Que deviendront toutes ses réalisations ? Elles disparaîtront. L’Apôtre nous rappelle combien il est bon pour nous d’avoir toujours cette image devant les yeux, afin de relativiser les choses du temps présent et d’absolutiser celles qui sont éternelles. Puisque ce méga-incendie final peut se déclencher cet après-midi ou demain matin, quelle doit être notre préoccupation dominante ? Être en paix, c’est-à-dire sans faute et sans tache. Que personne ne dise que cela est impossible (être sans tache), car Jésus nous a donné, dans l’Église, tous les moyens et tous les outils pour vivre sans faute et sans tache : les sacrements, la prière, la pénitence. Nous avons ce qu’on appelle le « kit de voyage » que nous avons reçu le jour de notre baptême : utilisons-le.
ÉVANGILE DU JOUR
De l’Évangile selon saint Marc (Mc 1,1-8)
Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il était écrit dans le prophète Isaïe : « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers », alors Jean, celui qui baptisait dans le désert, parut. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poils de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » - Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile du jour
Jean le Baptiste connaît un grand succès. En effet, l’Évangile d’aujourd’hui dit que toute la région accourt auprès de lui et se fait baptiser. L’attente du Messie était fébrile et maintenant, enfin, le moment est arrivé : tout le peuple comprend qu’il a besoin d’une sorte de bain rituel pour se mettre à sa suite. Ils pensent à la libération du joug de l’esclavage romain, et le Baptiste est le personnage idéal : austère, héroïque, un véritable leader idéologique. Pour éviter les malentendus, il insiste cependant sur le fait que son rôle n’est que passager, qu’il renvoie à quelqu’un d’autre et que la libération sera bien plus vaste. L’équivoque peut également exister pour nous aujourd’hui si nous pensons que l’annonciateur (l’Église) promet la libération du monde des divers « empires romains », des diverses oppressions humaines et sociales actuelles. Jésus se présente doux et humble, mais son baptême est mille fois plus impressionnant : c’est la vie du Dieu tout-puissant qui entre dans le petit cœur de l’homme. L’Empire romain resta debout au temps de Jésus, mais tout fut renversé dans le monde intérieur. C’est là que tout se joue ! « Le règne de Dieu, dira Jésus, est au-dedans de vous » (cf. Lc 17,21).


