Textes tirés du Messalino « Sur ta Parole » novembre-décembre 2024
32e dimanche du temps ordinaire (B)
4e sem. psaumes
PREMIÈRE LECTURE
Du premier livre des Rois (1 R 17,10-16)
En ces jours-là, le prophète Élie se leva et partit pour Sarepta. Arrivé à la porte de la ville, voici qu’une veuve ramassait du bois. Il l’appela et lui dit : « Apporte-moi donc un peu d’eau dans une cruche, pour que je boive. » Tandis qu’elle allait en chercher, il lui cria : « Apporte-moi aussi un morceau de pain, je t’en prie. » Elle répondit : « Par la vie du Seigneur ton Dieu, je n’ai pas de pain cuit, je n’ai qu’une poignée de farine dans une jarre et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je vais rentrer préparer cela pour moi et pour mon fils ; nous le mangerons, et après nous mourrons. » Élie lui dit : « N’aie pas peur, va, fais comme tu l’as dit. Mais d’abord prépare-moi une petite galette et apporte-la-moi ; ensuite tu en feras pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : “La jarre de farine ne s’épuisera pas, et le vase d’huile ne se videra pas jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie sur la face du sol.” » La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. La jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie. – Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
À cause des iniquités du peuple d’Israël, qui adorait d’autres divinités, un châtiment survint : une sécheresse qui dura longtemps. Comme le prophète Élie avait dit : « Il n’y aura ni rosée ni pluie, sauf quand je l’ordonnerai » (1 R 17,1), les Israélites s’en prirent à lui, le tenant pour responsable de la sécheresse. Il dut donc fuir et se retira au Liban, à Sidon, où il rencontra une veuve très pauvre. Le dialogue est décrit dans la lecture d’aujourd’hui : la femme accepte de donner le peu qu’elle possède pour nourrir le prophète, sachant qu’il ne lui restera ensuite plus rien, ni pour elle ni pour son fils. Cependant, cette générosité est aussitôt récompensée : la farine et l’huile se multiplièrent miraculeusement. Ce que le peuple élu n’avait pas su faire est maintenant accompli par une étrangère, qui reconnaît d’une certaine manière en Élie un homme de Dieu et lui obéit donc. Tout cela nous enseigne à être humbles. Si un châtiment survient, nous devons demander pardon et nous amender, en sachant que la foi finit toujours par être récompensée.
DEUXIÈME LECTURE
De la lettre aux Hébreux (He 9,24-28)
Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, qui n’est qu’une copie du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il ne doit pas s’offrir plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, chaque année, entre dans le sanctuaire avec un sang qui n’est pas le sien ; car alors, il aurait dû plusieurs fois souffrir depuis la fondation du monde. Mais voici qu’à la fin des temps, il s’est manifesté une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et d’être ensuite jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
On commente habituellement ce passage de la lettre aux Hébreux en mettant en évidence le fait que Jésus a souffert une seule fois, qu’il a accompli le sacrifice de la croix dans l’histoire et que celui-ci vaut pour tous et pour toujours, parce que l’acte salvifique est rendu présent de génération en génération au cours du temps par la sainte Messe. On souligne moins la référence suivante : « Il apparaîtra une seconde fois ». Nous lisons que le Seigneur reviendra, mais « non plus à cause du péché ». Il ne viendra donc pas pour monter de nouveau sur la croix (il l’a fait une fois pour toutes), mais pour d’autres choses. Lesquelles ? Certains comprennent la venue quotidienne du Christ dans le cœur de chaque croyant, par exemple lorsque nous communions ou que nous sommes en état de grâce, mais on peut aussi comprendre une seconde venue visible, une manifestation du Christ ressuscité plus évidente pour tous, une venue dans la puissance pour vaincre Satan (2 Th 2) et instaurer une longue période de paix sur la terre (Ap 20). Ces deux interprétations sont plausibles et soutenues par de grands saints et docteurs de l’Église.
ÉVANGILE DU JOUR
Évangile selon saint Marc (Mc 12,38-44)
En ce temps-là, Jésus [dans le Temple] disait à la foule dans son enseignement : « Méfiez-vous des scribes, qui aiment se promener en vêtements amples, recevoir les salutations sur les places publiques, avoir les sièges d’honneur dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et font pour l’apparence de longues prières. Ils seront d’autant plus sévèrement condamnés. » Jésus s’était assis en face de la salle du trésor et regardait la foule y déposer de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et déposa deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu pour mettre dans le trésor, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » – Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile du jour
« Nous sommes si présomptueux - écrivait Pascal - que nous voudrions être connus de tous, même de ceux qui viendront quand nous ne serons plus là ; et nous sommes tellement vaniteux que l’estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous réjouit et nous satisfait. » Ainsi, ce que le Seigneur observait à propos des scribes de Jérusalem reste également valable aujourd’hui. À l’inverse, l’attitude humble et dévote, le fait de se cacher aux yeux des hommes et de ne se laisser voir que par Dieu, c’est ce que nous présente la veuve, devenant pour nous tous un exemple à imiter. Le bien possède une sorte de « pudeur » : il ne désire pas être loué et, dans sa timidité, le geste d’amour devient d’autant plus efficace qu’il est secret. « Si elle transpirait à cause de la forte chaleur - écrit sœur Céline à propos de sa sœur sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus - ou si elle souffrait à cause du froid excessif de l’hiver, elle avait la délicatesse de s’essuyer le visage ou de se frotter les mains seulement à la dérobée, pour ne pas laisser au bon Dieu le temps de la voir. » Paradoxal, n’est-ce pas ? Et pourtant, les saints sont ainsi faits : ils veulent que les autres sachent et connaissent leurs défauts, mais ils cachent le bien que l’Esprit leur suggère d’accomplir, car la main droite ne doit pas savoir ce que fait la main gauche.


