Textes tirés du Messalino « Sur Ta Parole » juillet-août 2024
19e dimanche du temps ordinaire (B)
3e sem. saut.
PREMIÈRE LECTURE
Du premier livre des Rois (1 R 19,4-8)
En ces jours-là, Élie s’avança dans le désert pendant une journée de marche et alla s’asseoir sous un genêt. Désireux de mourir, il dit : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Prends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il se coucha et s’endormit sous le genêt. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! » Il regarda, et voici qu’il y avait près de sa tête une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha. Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange, car il est trop long pour toi, le chemin. » Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. – Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
Dans la vie du croyant, et en particulier chez celui qui accomplit une mission exigeante, il y a des moments où surgit le découragement, accompagné du désir d’abandonner la tâche confiée par Dieu. Même le prophète Élie, combattu par ceux qui détiennent le pouvoir, est assailli par la pensée d’en finir et s’enfonce dans le désert, lieu de mort. Mais le Seigneur sait renverser les projets humains, transformant ce chemin vers les ténèbres en pèlerinage vers la montagne de la révélation, où Dieu se manifestera à lui et lui confiera de nouvelles missions importantes. Pour le moment, il a besoin d’être secoué, réconforté et encouragé. L’ange de Dieu, messager du bien, lui offre à manger afin qu’il retrouve cette force vitale qui lui faisait défaut, accablé par la déception. Deux fois, il doit être rappelé à lui-même et, enfin, il peut marcher vers la rencontre avec le Seigneur. Pour nous aussi, l’Eucharistie, pain de vie, nous rend capables de nous relever et d’emprunter les chemins sinueux de la vie, prêts à servir le Seigneur avec une entière générosité.
DEUXIÈME LECTURE
Frères, n’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de la rédemption. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit disparaître de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. – Parole de Dieu. (Ep 4,30 – 5,2).
Commentaire de la deuxième lecture
Du message lumineux concernant la miséricorde pardonnante du Père céleste, à l’amour du Christ qui donne sa vie en sacrifice sur la croix, jusqu’à l’irruption de l’Esprit sanctificateur dans le Baptême, les implications éthiques et existentielles deviennent claires. De ce que Dieu nous offre gratuitement, on passe ainsi à la vie du croyant et l’on atteint le cœur du comportement chrétien, avec des exhortations morales communautaires très concrètes. Toute manière de déterminer son existence, toute vérification authentique, tout discernement sain de l’être chrétien ne se réalise que dans la conscience des dons reçus, en tant qu’enfants aimés et pardonnés. C’est seulement à la lumière de la bonté divine que les manières d’agir du croyant apparaissent dans leur véritable consistance, rappelant le pardon divin et ouvrant le cœur à une miséricorde persévérante. Le passage de la lettre révèle le mystérieux rapport qui unit la misère humaine déplorable à l’amour salvifique, qui se penche sur elle pour la transformer en grâce et en sainteté. Alors seulement, on peut être bienveillant, miséricordieux et libre de toute méchanceté et de tout égoïsme.
ÉVANGILE DU JOUR
De l’Évangile selon saint Jean (Jn 6,41-51)
En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : “Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.” Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » – Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire de l’Évangile du jour
Si Jésus est le pain descendu du ciel, deux questions fondamentales se posent : l’une concerne son origine divine et l’autre porte sur le type de vie qui nous est offert. En ce qui concerne la première question, il est naturel de penser que Jésus, comme tout homme, est issu de ses parents. Pourtant, il affirme avec détermination qu’il est envoyé sur terre depuis la communion avec Dieu, comme un don du Père aux hommes ; ceux-ci sont cependant appelés à l’accueillir dans la foi, qui ne se réduit pas à une capacité d’intelligence ou de volonté humaines. Une grâce particulière, une attraction divine, sont nécessaires : par elles, le disciple est invité à orienter sa vie vers le Christ. Quant à la seconde question, une interrogation surgit : quel genre de vie recevons-nous si nous nous nourrissons de lui ? L’expression « vie éternelle » évoque cette plénitude d’existence que Dieu seul possède et que l’homme accueille dans la foi, au point qu’aucun pouvoir de mort ne peut l’anéantir. Si le pain, ou même la manne, servent à assurer la survie, ils ne peuvent certainement pas garantir une vie impérissable. Au contraire, Jésus nous introduit, par l’Eucharistie, dans cette source de vie afin que nous goûtions dès maintenant à l’éternité de Dieu, prêts à ressusciter au dernier jour.


