Textes tirés du Missel « Sur ta Parole » juillet-août 2021
15e dimanche du temps ordinaire (B)
3e sem. du psautier
PREMIÈRE LECTURE
Du livre du prophète Amos (Am 7,12-15)
En ces jours-là, Amasias, [prêtre de Béthel,] dit à Amos : « Va-t’en, voyant, retire-toi au pays de Juda ; là-bas, tu mangeras ton pain et là-bas tu pourras prophétiser, mais à Béthel, ne prophétise plus, car c’est le sanctuaire du roi et c’est le temple du royaume. » Amos répondit à Amasias et dit : « Je n’étais ni prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier et je cultivais des sycomores. Le Seigneur m’a saisi, il m’a appelé alors que je suivais le troupeau. Le Seigneur m’a dit : Va, prophétise à mon peuple Israël. » – Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
Amos n’est pas un homme de lettres, c’est un pauvre paysan et éleveur de bétail. Le Seigneur l’appelle à quitter son humble travail et, par une initiative surprenante et puissante, l’envoie prophétiser auprès de son peuple. Amos ne peut que répondre à cet appel ; la vocation prophétique est irrésistible et se fait entendre : « Le Seigneur rugira depuis Sion et, depuis Jérusalem, il fera entendre sa voix… le Seigneur Dieu a parlé », et il dénonce tous les méfaits, se faisant de nombreux ennemis puissants à l’intérieur comme à l’extérieur de la cour du roi. Amos n’a pas peur, il sait qu’il risque sa vie, il sait qu’il peut être accusé et chassé. En lisant le livre d’Amos, on ne trouve pas de différences substantielles entre ce qu’il vivait et dénonçait et ce que nous vivons aujourd’hui : mêmes abus, mêmes intérêts, richesses très mal réparties, pauvres méprisés, perversions, luxure, exploitation légalisée. Nous aussi, nous oublions d’avoir été non seulement libérés, mais rachetés à grand prix… Chaque jour est le bon jour pour être de vrais disciples du Christ.
DEUXIÈME LECTURE
De la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 1,3-14)
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux, dans le Christ. En lui, il nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus Christ, selon la décision de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce, dont il nous a gratifiés dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes, selon la richesse de sa grâce. Elle nous a été donnée en abondance, avec toute sagesse et intelligence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le dessein bienveillant qu’il avait formé en lui pour mener les temps à leur accomplissement : réunir sous un seul chef, le Christ, l’ensemble de ce qui est au ciel et sur la terre. En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu le sceau de l’Esprit Saint qui avait été promis ; il est le gage de notre héritage, en attendant la pleine délivrance de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
Voici l’un de ces passages qui donnent simplement de la joie, sans explication. Il suffit d’observer les mots : bénis, choisis, amour, dessein d’amour, grâce, bien-aimé, bienveillance… toutes ces expressions sont riches d’amour, de splendeur et de pardon. Il nous dit aussi que nous sommes héritiers. L’héritier ne peut pas être l’esclave, mais pas davantage le serviteur, le salarié, la connaissance, l’ami ou même le proche parent. En particulier, à l’époque de Jésus, l’héritier était le fils aîné. Voilà : l’héritier n’est pas n’importe qui ; c’est celui qu’on aime, auquel on pense toujours, auquel on tient vraiment beaucoup. Mais c’est aussi celui qui n’a rien fait pour le devenir, qui n’a pas beaucoup étudié ni travaillé, qui n’a pas fourni d’efforts ni fait de sacrifices pour conquérir ce rôle. Nous sommes les héritiers de Dieu, c’est écrit très clairement ; il nous dit aussi que l’Esprit Saint, que nous avons reçu au baptême, est « le gage de notre héritage, en attendant la pleine délivrance de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire ».
ÉVANGILE DU JOUR
De l’Évangile selon saint Marc (Mc 6,7-13)
En ce temps-là, Jésus appela à lui les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, sinon un bâton : pas de pain, pas de sac, pas de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient. –
Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile du jour
Don Milani a écrit : « Et puis c’est de l’orgueil que de croire à la puissance de sa propre parole ; avec des paroles, on ne fait rien aux gens. Sur le plan divin, il faut la grâce, et sur le plan humain, il faut l’exemple. » C’est une bonne leçon pour ceux qui prêchent le Royaume en oubliant la puissance de l’Évangile, le réduisant ainsi à une simple parole humaine. Deux risques se présentent : le premier est de croire que la promotion humaine suffit à évangéliser ; le second, de croire qu’évangéliser signifie prêcher une doctrine abstraite, éloignée de notre vie et de notre agir quotidien. Comme les paroles de don Milani sont vraies ! Combien de fois, dans notre orgueil, avons-nous la prétention d’apporter Jésus à notre prochain alors que nous le connaissons peut-être très peu. Plus que toute autre chose, nous oublions que, pour faire rencontrer le Christ, nous devons d’abord l’avoir rencontré nous-mêmes. Sans parler de l’exemple : des chrétiens qui professent l’Évangile, mais dont le comportement dans la vie est tout autre. Prenons donc pour modèle les douze apôtres, comportons-nous en disciples appelés et envoyés par le Seigneur, en proclamant sa Parole, libérés de la fausse humilité, qui n’est que de l’orgueil déguisé.

