Textes tirés du missel « Sulla Tua Parola » mars-avril 2023
Dimanche des Rameaux : Passion du Seigneur (A)
2e sem. psautier
PREMIÈRE LECTURE
Du livre du prophète Isaïe (Is 50,4-7)
Le Seigneur Dieu m’a donné une langue de disciple, pour que je sache adresser une parole à celui qui est découragé. Chaque matin, il éveille mon oreille pour que j’écoute comme les disciples. Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et je ne lui ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas soustrait mon visage aux outrages et aux crachats. Le Seigneur Dieu vient à mon aide ; c’est pourquoi je ne suis pas déshonoré, c’est pourquoi je rends mon visage dur comme la pierre, sachant que je ne serai pas confondu. - Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
La fidélité à Dieu et aux hommes - à la mission reçue en leur faveur - rend le Serviteur de Dieu ferme dans la souffrance, l’opprobre et l’échec apparent. Disciple attentif de la Parole, prophète et maître de sagesse pour le peuple, il préfigure par son destin celui du Christ, le doux qui n’a pas résisté à la volonté du Père et ne s’est pas soustrait à la méchanceté des hommes, certain - même à l’heure suprême de l’abandon sur la croix - que le dessein de Dieu est un don de salut offert à tous. Au début de cette Semaine sainte, nous demandons nous aussi à Dieu de nous ouvrir les oreilles du cœur afin d’écouter sa parole de salut. Qu’elle puisse creuser en nous et parvenir là où la vie nous a blessés, flagellés et raillés. Offrons au Seigneur toute notre souffrance avec la même conviction que le prophète : « Le Seigneur Dieu me vient en aide ; c’est pourquoi je ne suis pas déshonoré. » Ainsi, ces jours ne seront pas seulement une succession de rites et de célébrations, mais une occasion de faire l’expérience vivante de l’amour de Dieu, en sachant que nous ne resterons pas « confus ».
DEUXIÈME LECTURE
De la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (Ph 2,6-11)
Le Christ Jésus, étant de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu comme un homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur ! », à la gloire de Dieu le Père. – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
Nous sommes en présence d’un magnifique hymne christologique prépaulinien. Complexe dans les expressions qui le composent, il peut être compris à partir du substantif « privilège », traduction d’un mot qui signifie littéralement en grec : « objet de rapine ». Quel sens peut donc avoir l’affirmation : le Christ, qui est de condition divine, n’a pas considéré comme un objet de rapine le fait d’être l’égal de Dieu ? La comparaison avec le premier homme, Adam, celui qui, n’étant pas dans cette condition, a voulu la dérober, est ici sous-entendue. Paul propose à la communauté de Philippes l’exemple du « nouvel Adam », c’est-à-dire du Christ, l’homme nouveau. Celui-ci accepte de racheter, par l’humilité et l’obéissance jusqu’à la mort la plus infamante, la désobéissance orgueilleuse du premier Adam, à cause de laquelle tout le genre humain est tombé dans le péché. Le Christ s’est dépouillé lui-même et a assumé notre condition de serviteur jusqu’à l’extrême limite. À son abaissement volontaire correspond l’action de Dieu, qui l’a exalté. Désormais, cependant, l’univers est appelé à proclamer que Jésus Christ est « kyrios », Seigneur, c’est-à-dire Dieu, et cette confession est à la gloire du Père.
ÉVANGILE DU JOUR
Évangile selon saint Matthieu (Mt 26,14 – 27,66)
(Indications pour la lecture dialoguée : ✠ = Jésus ; C = Chroniqueur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages).
C Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu
Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre ?
C En ce temps-là, l’un des Douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres et leur dit : D« Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre ? » C Et ils lui fixèrent trente pièces d’argent. Dès lors, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus.
Où veux-tu que nous préparions cela pour toi, afin que tu puisses manger la Pâque ?
Le premier jour des Azymes, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : D « Où veux-tu que nous te préparions le repas pascal, pour que tu puisses manger la Pâque ? » C Il leur répondit : ✠ « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon heure est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » C Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque.
L’un de vous va me livrer
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : ✠ « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » C Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : D « Serait-ce moi, Seigneur ? » C Il leur répondit : ✠ « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Vaudrait mieux pour cet homme qu’il ne soit jamais né ! » C Judas, celui qui le livrait, prit la parole : D « Rabbi, serait-ce moi ? » C Jésus lui répondit : ✠ « Tu l’as dit. »
Ceci est mon corps ; ceci est mon sang
C Or, tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, dit : ✠ « Prenez, mangez : ceci est mon corps. » C Puis il prit la coupe, rendit grâce et la leur donna en disant : ✠ « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. » C Après avoir chanté les psaumes, ils partirent vers le mont des Oliviers.
Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées
Alors Jésus leur dit : ✠ « Cette nuit, vous serez tous pour moi une occasion de chute. Car il est écrit : “Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.” Mais, après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. » C Pierre lui dit : D « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » C Jésus lui dit : ✠ « En vérité, je te le dis : cette nuit, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. » C Pierre lui répondit : D « Même s’il me faut mourir avec toi, je ne te renierai pas. » C Tous les disciples parlèrent de même.
Il commença à éprouver tristesse et angoisse
Alors Jésus arriva avec eux dans un domaine appelé Gethsémani et dit aux disciples : ✠ «Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier.» C Puis il emmena Pierre, ainsi que les deux fils de Zébédée, et commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit : ✠ «Mon âme est triste à en mourir ; restez ici et veillez avec moi.» C Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre et pria en disant : ✠ «Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux !» C Puis il revint vers les disciples et les trouva endormis. Il dit à Pierre : ✠ «Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller avec moi une seule heure ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation. L’esprit est ardent, mais la chair est faible.» C Il s’éloigna une deuxième fois et pria en disant : ✠ «Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite.» C Puis il revint et les trouva de nouveau endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Il les laissa, s’éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. Puis il s’approcha des disciples et leur dit : ✠ «Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! Voici que l’heure est proche et que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre.»
Ils mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent
C Comme il parlait encore, voici que Judas, l’un des Douze, arriva, accompagné d’une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Le traître leur avait donné ce signe : D «Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le !» C Aussitôt, il s’approcha de Jésus et lui dit : D «Salut, Rabbi !» C Et il l’embrassa. Jésus lui dit : ✠ «Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le !» C Alors ils s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent. Et voici que l’un de ceux qui étaient avec Jésus tira son épée, la dégaina et frappa le serviteur du grand prêtre, lui tranchant l’oreille. Alors Jésus lui dit : ✠ «Rengaine ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures, selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ?» C À ce moment-là, Jésus dit à la foule : ✠ «Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais assis dans le Temple à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les Écritures des prophètes.» C Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
Vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance
Ceux qui avaient arrêté Jésus l’emmenèrent chez le grand prêtre Caïphe, auprès duquel s’étaient réuni-
niti les scribes et les anciens. Pendant ce temps, Pierre l’avait suivi de loin jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra et s’assit parmi les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un faux témoignage contre Jésus, pour le faire mourir ; mais ils n’en trouvèrent pas, bien que beaucoup de faux témoins se fussent présentés. Finalement, deux hommes se présentèrent, qui affirmèrent : A « Cet homme a déclaré : “Je peux détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours” ». C Le grand prêtre se leva et lui dit : A « Tu ne réponds rien ? Que témoignent-ils contre toi ? ». C Mais Jésus gardait le silence. Alors le grand prêtre lui dit : A « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi le Christ, le Fils de Dieu ». C Jésus lui répondit : ✠ « Tu l’as dit ; et même, je vous le déclare : désormais, vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel ». C Alors le grand prêtre déchira ses vêtements en disant : A « Il a blasphémé ! Pourquoi avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, maintenant vous avez entendu le blasphème ; quel est votre avis ? ». C Ceux-ci répondirent : F « Il mérite la mort ! ». C Alors ils lui crachèrent au visage et le frappèrent ; d’autres le giflèrent, en disant : F « Fais le prophète pour nous, Christ ! Qui t’a frappé ? ».
Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois
CPierre, cependant, était assis dehors, dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et dit : A « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! » C Mais il le nia devant tout le monde en disant : D « Je ne comprends pas ce que tu dis. » CComme il se dirigeait vers le vestibule, une autre servante le vit et dit aux personnes présentes : A « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. » CMais il le nia de nouveau, en jurant : D « Je ne connais pas cet homme ! » C Peu après, les personnes présentes s’approchèrent et dirent à Pierre : A « C’est vrai, toi aussi, tu es l’un d’eux ; ton accent te trahit, en effet ! » CAlors il se mit à proférer des imprécations et à jurer : D« Je ne connais pas cet homme ! » C Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus, qui avait dit : « Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. » Et, étant sorti, il pleura amèrement.
Ils livrèrent Jésus au gouverneur Pilate
Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir. Puis ils le firent enchaîner, l’emmenèrent et le livrèrent au gouverneur Pilate. Alors Judas - celui qui le trahit -, voyant que Jésus avait été condamné, pris de remords, rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : D « J’ai péché, car j’ai livré un sang innocent. » C Mais ceux-ci dirent : A « Que nous importe ? C’est ton affaire ! » C Alors, après avoir jeté les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les grands prêtres, ayant ramassé les pièces, dirent : A« Il n’est pas permis de les verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » C Après délibération, ils achetèrent avec elles le « champ du potier » pour y ensevelir les étrangers. C’est pourquoi ce champ a été appelé « champ du Sang » jusqu’à ce jour. Alors s’accomplit ce qui avait été dit par l’intermédiaire du prophète Jérémie : « Et ils prirent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été estimé à ce prix par les fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. »
Es-tu le roi des Juifs ?
[C Jésus comparut cependant devant le gouverneur, et le gouverneur l’interrogea en disant : A« Es-tu le roi des Juifs ? » C Jésus répondit : ✠ « C’est toi qui le dis. » C Et tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : A « N’entends-tu pas tous les témoignages qu’ils portent contre toi ? » C Mais il ne lui répondit pas un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher pour la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait. À ce moment-là, ils avaient un prisonnier célèbre, nommé Barabbas. Pilate dit donc à la foule rassemblée : A « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ou Jésus appelé le Christ ? » C Il savait en effet qu’ils l’avaient livré par jalousie. Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : A « Ne te mêle pas de cette affaire avec ce juste, car aujourd’hui, en songe, j’ai été très tourmentée à cause de lui. » C Mais les grands prêtres et les anciens persuadèrent la foule de demander Barabbas et de faire mourir Jésus. Alors le gouverneur leur demanda : A « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » C Ils répondirent : F « Barabbas ! » C Pilate leur demanda : A« Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » C Tous répondirent : F « Qu’il soit crucifié ! » C Et il dit : A« Quel mal a-t-il donc fait ? » C Mais ils criaient encore plus fort : F « Qu’il soit crucifié ! » C Pilate, voyant qu’il n’obtenait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : A « Je ne suis pas responsable de ce sang. C’est votre affaire ! » C Et tout le peuple répondit : F« Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » C Alors il leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, le livra pour être crucifié.
Salut, roi des Juifs !
Alors les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils le déshabillèrent, lui firent revêtir un manteau écarlate, tressèrent une couronne d’épines, la posèrent sur sa tête et lui mirent un roseau dans la main droite. Puis, s’agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui : F « Salut, roi des Juifs ! » C Après lui avoir craché dessus, ils lui retirèrent le roseau des mains et le frappaient à la tête. Après s’être moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau et lui remirent ses vêtements, puis l’emmenèrent pour le crucifier.
Avec lui furent crucifiés deux brigands.
En sortant, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et le forcèrent à porter sa croix. Arrivés au lieu appelé Golgotha, ce qui signifie « Lieu du crâne », ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. Il le goûta, mais ne voulut pas en boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en les tirant au sort. Puis, s’étant assis, ils le gardaient. Au-dessus de sa tête, ils placèrent le motif écrit de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ». Avec lui furent crucifiés deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche.
Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix !
Ceux qui passaient par là l’insultaient en hochant la tête et en disant : F « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! ». CDe même, les grands prêtres, avec les scribes et les anciens, se moquaient de lui en disant : F « Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est le roi d’Israël ; qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui. Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit : “Je suis Fils de Dieu” ! ». C Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
Éli, Éli, lema sabactani ?
À midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures de l’après-midi. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : ✠ « Éli, Éli, lema sabactani ? », C ce qui signifie : ✠ « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C En entendant cela, certains de ceux qui étaient présents disaient : A« Celui-ci appelle Élie ». C Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, la trempa dans du vinaigre, la fixa à un roseau et lui donna à boire. Les autres disaient : A« Laisse ! Voyons si Élie vient le sauver ! ». C Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.
(Ici, on se met à genoux et on fait une brève pause)
Et voici que le voile du Temple se déchira en deux, de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux corps de saints qui étaient morts ressuscitèrent. Sortant des tombeaux après sa résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à beaucoup. Le centurion et ceux qui, avec lui, montaient la garde auprès de Jésus, voyant le tremblement de terre et ce qui se passait, furent saisis d’une grande crainte et disaient : A « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! ».] C Il y avait là aussi beaucoup de femmes qui observaient de loin ; elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Joseph prit le corps de Jésus et le déposa dans son tombeau neuf
Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, nommé Joseph ; lui aussi était devenu disciple de Jésus. Il se rendit auprès de Pilate et demanda le corps de Jésus. Pilate ordonna alors de le lui remettre. Joseph prit le corps, l’enveloppa dans un linceul immaculé et le déposa dans son tombeau neuf, qu’il s’était fait creuser dans le roc ; puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Là, assises face au tombeau, se trouvaient Marie de Magdala et l’autre Marie.
Vous avez une garde. Allez, assurez la surveillance comme vous l’entendez.
Le lendemain, celui qui suivait le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens se réunirent auprès de Pilate, en disant : A« Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur, de son vivant, a dit : “Après trois jours, je ressusciterai.” Donne donc l’ordre de surveiller le tombeau jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas le dérober et ne disent ensuite au peuple : “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière imposture serait pire que la première ! » C Pilate leur déclara : A « Vous avez une garde. Allez, assurez la surveillance comme vous l’entendez. » C Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en scellant la pierre et en y postant la garde. – Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile du jour
Le chemin du Carême nous conduit au dimanche des Rameaux, jour où nous commémorons l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem. Il y a la foule joyeuse qui crie « hosanna », et pourtant, peu après, la fête se transformera en tragédie, car les hosanna deviendront « qu’il soit crucifié ! », condamnant à mort ce Jésus auparavant acclamé. Cependant, ce n’est pas seulement la foule qui change de position : dans l’Évangile, nous assistons à un jeu de hauts et de bas. Les apôtres, choisis et aimés par Jésus, tombent bien bas en le trahissant, en le reniant et en prenant la fuite. Jésus, au contraire, par sa mort sur la croix, bouleverse radicalement les rapports entre Dieu et l’homme : ce n’est plus l’homme qui offre un sacrifice à Dieu, mais Dieu qui se sacrifie pour l’homme. Nous retrouverons ce jeu de hauts et de bas tout au long de la Semaine sainte : Jésus s’abaissera d’abord pour laver les pieds des apôtres, puis il sera élevé sur la croix, d’où il sera ensuite descendu pour être déposé dans le tombeau, et enfin il se relèvera, ressuscité. Il est beau de penser que ces hauts et ces bas de Jésus croisent ceux de notre vie. Que Dieu puisse renverser notre histoire : qu’il nous abaisse là où nous nous sommes élevés avec orgueil et qu’il nous relève de l’abîme où nous sommes tombés à cause de nos fragilités.

