Textes tirés du Messalino « Sur ta Parole », janvier-février 2021.
1er dimanche du temps de Carême (B)
Liturgie des Heures, 1re semaine du psautier
« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » : tel est l’appel qui retentit dans l’Évangile de ce premier dimanche du temps de Carême. Accueillir cette invitation de Jésus signifie changer courageusement notre vie, notre manière de penser et, par conséquent, contribuer aussi au changement du monde dans lequel nous vivons, car si quelque chose change en nous, dans notre manière d’entrer en relation avec les autres, dans notre style de vie, quelque chose changera aussi autour de nous. Prenons la décision qui sauve, ne laissons pas passer cette occasion !
PREMIÈRE LECTURE
Du livre de la Genèse (Gn 9,8-15)
Dieu dit à Noé et à ses fils qui étaient avec lui : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous et avec votre descendance après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail et tous les animaux sauvages, avec tous les animaux de la terre qui sont sortis de l’arche. J’établis mon alliance avec vous : aucune chair ne sera plus détruite par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à venir. Je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. Lorsque je ferai paraître des nuages sur la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants, quelle que soit leur chair, et les eaux ne deviendront plus jamais un déluge qui détruit toute chair. »
Commentaire de la première lecture
Le récit biblique de Noé réaffirme la volonté de Dieu de sauver ses créatures à tout prix : « Lorsque l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants, quelle que soit leur chair. » Dieu ne se lasse jamais de ses créatures, et de l’être humain en particulier. Il reste sa créature, même lorsqu’elle s’est éloignée de lui par orgueil et vanité, ruinant le projet de bonté originel. Le signe de l’arc-en-ciel indique la victoire de l’amitié sur le mal, de l’alliance sur le péché, du soleil sur les ténèbres mortelles. Dieu, sa bonté et sa fidélité à ses promesses triomphent toujours. Les couleurs de l’arc-en-ciel disent la victoire de la vie sur la mort, la fidélité de Dieu à sa parole donnée, en contraste avec l’infidélité des premiers parents bibliques. Le chemin de fidélité du Père envers le peuple élu jalonne tout l’Ancien Testament et, malgré mille difficultés et rébellions, culmine dans ces paroles : « Ceci est la coupe de la nouvelle et éternelle alliance, versée pour vous » ; c’est encore lui qui s’engage, cette fois d’une manière inimaginable, dans la mort et la résurrection de Jésus : l’amour de Dieu est véritablement sans fin.
DEUXIÈME LECTURE
De la première lettre de saint Pierre apôtre (1 P 3,18-22)
Bien-aimés, le Christ est mort une fois pour toutes pour les péchés, lui le juste, pour les injustes, afin de vous conduire à Dieu ; mis à mort dans la chair, il a été vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est allé proclamer son message aux esprits détenus en prison, ceux qui autrefois avaient refusé de croire, quand Dieu, dans sa patience, temporisait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : il ne purifie pas de souillures corporelles, mais il est l’engagement envers Dieu d’une bonne conscience, grâce à la résurrection de Jésus Christ. Celui-ci est à la droite de Dieu, après être monté au ciel, lui à qui sont soumis les anges, les Souverainetés et les Puissances.
Commentaire de la deuxième lecture
Saint Pierre ouvre sa première lettre en nous rappelant une vérité de foi très élevée : « Bien-aimés, le Christ est mort une fois pour toutes pour les péchés, lui le juste, pour les injustes, afin de vous conduire à Dieu. » Comme nous sommes loin de cette manière de raisonner ! Combien de fois l’exaspération face au mal nous amène-t-elle à prononcer des phrases telles que : « Il l’a bien cherché. Qu’il se débrouille ! » Heureusement, ce n’est pas la logique que Dieu suit envers nous. À la plénitude des temps, alors qu’il avait vraiment tout essayé pour appeler les hommes à renoncer au mal et à suivre la voie indiquée par ses prophètes, le Père nous donne le Fils, arc-en-ciel de paix devenu homme, pour revenir à la première lecture, « en tout semblable à nous, excepté le péché ». Et cela parce qu’il voulait nous sauver du péché, du mal, et donc nous dire qu’en sa compagnie le péché disparaît, que la tentation négative peut être vaincue, que le démon s’éloigne : la mort de Jésus est le plus grand geste d’amour que Dieu pouvait concevoir. La mort du Fils pour pardonner aux fils leurs faiblesses et leur péché, et nous donner de nouveau l’entrée définitive dans son Royaume. Si nous l’acceptons, c’est lui qui a payé notre billet d’entrée au Paradis pour jouir de notre compagnie, de notre présence éternelle à ses côtés : voilà ce qu’est le véritable amour.
ÉVANGILE DU JOUR
De l’Évangile selon saint Marc (Mc 1,12-15)
En ce temps-là, l’Esprit poussa Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Commentaire de l’Évangile du jour
Jean le Baptiste a été décapité, cadeau macabre du perfide Hérode à sa belle-fille. Au terme des quarante jours passés au désert, Jésus se rend en Galilée et commence son annonce du salut : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Les premiers à accourir pour l’écouter sont les disciples du Baptiste, présents au baptême de Jésus dans le Jourdain, qui ont entendu la voix venue du ciel dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ! » (Mc 9,7). Écouter l’Agneau de Dieu, écouter le Messie, clairement désigné par le Baptiste, est l’accomplissement et le début d’un chemin : c’est lui le Sauveur, il est enfin arrivé, nous ne devons pas en attendre un autre. Et Jésus présente son projet : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ; changez de route, mes amis, ou plutôt faites un véritable demi-tour en « U », comme on dit dans le langage automobile ; changez radicalement de style de vie, abandonnez les chemins trompeurs. Changez vos projets idolâtres, regardez en face le Fils venu par amour et croyez ce que ce Fils bien-aimé a à proposer. Oui, à proposer, non à imposer. Car on peut imposer « entendre », il suffit d’augmenter le volume ; pour « écouter », en revanche, il faut le vouloir, le décider dans son cœur, reconnaître que cette bonne nouvelle entendue fait renaître en nous l’amour envers Dieu et envers nos frères.

