Textes tirés du Missel « Sur Ta Parole » mai-juin 2025
Nativité de saint Jean Baptiste (s)
propre
PREMIÈRE LECTURE
Du livre du prophète Isaïe (Is 49,1-6)
Écoutez-moi, îles, prêtez attentivement l’oreille, nations lointaines ; le Seigneur m’a appelé dès le sein maternel, dès le ventre de ma mère il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée acérée, il m’a caché à l’ombre de sa main, il a fait de moi une flèche acérée, il m’a rangé dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma gloire. » Et moi, je disais : « J’ai peiné en vain, je me suis épuisé pour rien, pour du vent. Pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense auprès de mon Dieu. » Et maintenant, le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein maternel pour que je sois son serviteur, afin de ramener vers lui Jacob et de lui rassembler Israël – car j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force – et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël. Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » –
Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
Le prophète de l’Ancien Testament connaît un moment de découragement : « J’ai peiné en vain ! ». Autrement dit : j’ai parlé, mais personne ne m’a écouté et mon action n’a connu aucun succès. Cela peut aussi nous arriver à tous lorsque nous constatons qu’après avoir semé avec peine, nous n’avons rien récolté ! Peut-être que nos enfants se sont éloignés de la foi, que nos proches n’ont pas été fidèles au Seigneur… Mais voici que le Seigneur intervient et encourage son fidèle serviteur en affirmant que l’action du prophète sera finalement efficace, et même supérieure aux attentes. Ce que Dieu ne veut surtout pas, c’est le découragement. Il est le principe de notre courage, la force de notre action, qui s’épanouit pleinement dans la faiblesse soutenue par une foi à toute épreuve. Nous verrons les résultats plus tard, quand le Seigneur le voudra et comme il le voudra. Continuons donc à semer inlassablement, en faisant confiance à la grâce divine. À titre d’exemple : le mari de la bienheureuse Elisabetta Canori Mora était infidèle dans son mariage ; elle priait toujours pour lui et, après sa mort, il se convertit et finit par devenir prêtre.
DEUXIÈME LECTURE
Des Actes des Apôtres (Ac 13,22-26)
En ces jours-là, [dans la synagogue d’Antioche de Pisidie,] Paul disait : « Dieu suscita pour nos pères David comme roi, auquel il rendit ce témoignage : “J’ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur ; il accomplira toutes mes volontés.” De sa descendance, selon la promesse, Dieu envoya, comme sauveur pour Israël, Jésus. Jean avait préparé sa venue en prêchant à tout le peuple d’Israël un baptême de conversion. À la fin de sa mission, Jean disait : “Je ne suis pas celui que vous pensez ! Mais voici que vient après moi quelqu’un dont je ne suis pas digne de délier les sandales.” Frères, vous, les fils de la race d’Abraham, et vous tous qui craignez Dieu, c’est à nous que la parole de ce salut a été envoyée. » – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
Paul prêche aux Juifs dans la lointaine Antioche de Pisidie. Les auditeurs ne savaient encore rien du Christ ; l’Apôtre, pour les amener sur son terrain, part donc du roi David en disant que le Messie viendrait de sa descendance. Après quoi, il les informe que le grand prophète Jean, qui était assez connu, avait reconnu le Messie en Jésus de Nazareth. Les Juifs auraient donc dû accueillir leur témoignage. Saint Paul s’appuie sur l’histoire et sur des faits incontestables. Il faut la foi pour accueillir le Seigneur, mais la foi est raisonnable. Personne ne demande de croire à des fables, et cela nous est également utile. Jésus est le point d’aboutissement de tout l’Ancien Testament : il avait été prédit et annoncé. Pourquoi donc ne pas croire tous ces excellents témoins ? Saint Paul aurait pu ajouter qu’il avait lui aussi été un pharisien incroyant, mais qu’il avait ensuite été convaincu après avoir fait l’expérience directe du Christ ressuscité. Les prophéties convergent vers Jésus en le désignant comme Messie, Seigneur et Rédempteur : l’heure est venue de faire tomber toute résistance et de croire avec confiance.
ÉVANGILE
De l’Évangile selon saint Luc (Lc 1,57-66.80)
Pour Élisabeth vint le temps d’accoucher, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait manifesté en elle sa grande miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent circoncire l’enfant et voulaient l’appeler du nom de son père, Zacharie. Mais sa mère intervint : « Non, il s’appellera Jean. » Ils lui dirent : « Personne dans ta parenté ne porte ce nom. » Alors ils demandaient par signes à son père comment il voulait qu’on l’appelle. Il demanda une tablette et écrivit : « Jean est son nom. » Tous furent émerveillés. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia, et il parlait en bénissant Dieu. Tous leurs voisins furent saisis de crainte, et dans toute la région montagneuse de Judée, on parlait de toutes ces choses. Tous ceux qui les entendaient les gardaient dans leur cœur, en disant : « Que sera donc cet enfant ? » Et vraiment, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et se fortifiait en esprit. Il vécut dans les régions désertiques jusqu’au jour de sa manifestation à Israël. – Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile
La naissance de Jean Baptiste paraît plus extraordinaire, aux yeux du monde, que celle de Jésus. Une mère âgée et hors d’âge, un père qui reste muet et qui retrouve soudainement la parole… Jésus, en revanche, naît d’une mère normale (aux yeux des gens) et personne ne s’aperçoit de sa naissance, si ce n’est un petit groupe de pauvres bergers qui passaient la nuit près de la grotte de la Nativité. Puis l’enfance de Jésus, ordinaire, sans aucun éclat, tandis que Jean, à peine majeur (à douze ans), quitta la maison paternelle pour aller vivre seul dans des conditions terribles, dans le désert, où même la simple survie était un véritable problème. À juste titre (aux yeux du monde), l’attention était dirigée vers Jean plutôt que vers notre Seigneur. Et pourtant, le Baptiste est un simple homme, tandis que Jésus est Dieu. Ainsi vont les choses : Dieu se manifeste dans le secret. Pensez à l’Eucharistie. Le signe est bien pauvre, un petit morceau de pain, mais ce qu’il est en réalité est infini. Cela se produit pour que l’on ne s’attache pas au signe, mais qu’à travers lui, on entre en contact avec la réalité. Les signes sont destinés à disparaître, une fois leur fonction accomplie, tandis que la réalité demeure.
