liturgia della domenica 28 maggio 2023

Editrice Shalom

Tempo di lettura: 16 min
Autore: Editrice Shalom

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Liturgie du dimanche : 28 mai 2023

Pentecôte

Textes tirés du Messalino « Sur ta Parole » mai-juin 2023

Dimanche de la Pentecôte (solennité) (A)
propre


Messe vespérale avec célébration prolongée de la vigile

PREMIÈRE LECTURE

Du livre de la Genèse (Gn 11, 1-9)
Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Au cours de leurs déplacements depuis l’Orient, les hommes découvrirent une plaine dans la région de Shinéar et s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! » La brique leur servit de pierre, et le bitume, de mortier. Ils dirent ensuite : « Allons ! Bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux, et faisons-nous un nom, pour ne pas être dispersés sur toute la terre. » Mais le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les fils des hommes avaient bâties. Et le Seigneur dit : « Voici qu’ils sont un seul peuple et parlent tous la même langue : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils projettent. Allons ! Descendons, et embrouillons leur langue : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. » De là, le Seigneur les dispersa sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent donc de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel, car c’est là que le Seigneur embrouilla la langue de toute la terre, et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

Les hommes, qui parlent une seule langue, veulent construire une grande ville et une tour dont le sommet touche le ciel. Jusqu’ici, rien de mal. Le problème vient de la motivation déclarée juste après : « Faisons-nous un nom. » En réalité, les hommes avaient déjà un nom, celui de fils de Dieu, mais ils avaient perdu la docilité, la confiance et l’esprit d’obéissance. Ils veulent agir seuls. C’est pourquoi Dieu descend et décide de « confondre leurs langues ». Ce n’est pas une punition ; au contraire, c’est la condition qui leur permettra ensuite de retrouver l’esprit d’unité de la seule manière véritable : en se reconnaissant de nouveau fils de Dieu, dociles et saints, sous l’action de l’Esprit Saint. Nous pouvons certes être un seul peuple, mais nous ne pouvons trouver cette dimension que dans l’Église, là où nous sommes tous frères et tous fils d’un seul Père. Alors oui, les différentes langues trouveront un véritable accord, et les peuples franchiront les barrières pour devenir un seul peuple, le peuple de Dieu, c’est-à-dire l’Église. C’est notre temps et aussi notre engagement : nous aimer les uns les autres et nous reconnaître fils d’un seul Père dans le Christ Jésus.


DEUXIÈME LECTURE

Du livre de l’Exode (Ex 19,3-8a.16-20b)
En ces jours-là, Moïse monta vers Dieu, et le Seigneur l’appela du haut de la montagne : « Voici ce que tu diras à la maison de Jacob et que tu annonceras aux fils d’Israël : “Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés jusqu’à moi. Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient ! Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte.” Voilà ce que tu diras aux fils d’Israël. » Moïse revint et convoqua les anciens du peuple ; il leur exposa tout ce que le Seigneur lui avait ordonné. Tout le peuple répondit, unanime : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons ! » Le troisième jour, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs, une lourde nuée sur la montagne, et un son de cor très puissant ; dans le camp, tout le peuple trembla. Moïse fit sortir le peuple à la rencontre de Dieu, et ils se tinrent debout au pied de la montagne. La montagne du Sinaï était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu ; la fumée montait, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait violemment. Le son du cor devenait de plus en plus fort. Moïse parlait, et Dieu lui répondait par la voix. Le Seigneur descendit sur la montagne du Sinaï, au sommet de la montagne, et le Seigneur appela Moïse au sommet de la montagne. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

Ce passage de l’Exode décrit l’une des scènes les plus importantes du voyage d’Israël dans le désert vers la Terre promise : Dieu appelle Moïse sur la montagne pour recevoir les tables de la Loi. La scène est grandiose : la montagne, qui émet fumée et feu, « tremblait violemment ». À partir de ce moment, en recevant le don du Décalogue, Israël devient véritablement un peuple, doté de sa « constitution » et d’une identité bien précise. Cet événement préfigure la Pentecôte à venir : le feu descend d’en haut, Dieu donne la loi nouvelle, non plus écrite sur des tables de pierre, mais dans le cœur des hommes. Le peuple nouveau se constitue, le nouvel Israël, qui est l’Église. Les deux scènes se répondent donc, et il est juste qu’au jour de la Pentecôte nous méditions sur le fait que l’ancienne Loi est remplacée par la nouvelle, donnée de la même manière au peuple nouveau. La loi vient donc d’en haut, elle nous constitue en Église, nous fait marcher selon les directives de Dieu et nous guide vers le royaume des cieux. Méditons donc sur l’identité que nous recevons le jour de la Pentecôte : c’est là que nous naissons comme Église et comme véritable peuple de Dieu.


TROISIÈME LECTURE

Du livre du prophète Ézékiel (Ez 37,1-14)
En ces jours-là, la main du Seigneur fut sur moi, et le Seigneur m’emporta en esprit et me déposa au milieu d’une vallée ; elle était pleine d’ossements. Il me fit circuler parmi eux, tout autour. Je vis qu’ils étaient très nombreux à la surface de la vallée, et ils étaient desséchés. Il me dit : « Fils d’homme, ces ossements pourront-ils revivre ? » Je répondis : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais. » Il me dit alors : « Prophétise sur ces ossements, et dis-leur : “Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur. Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Voici que je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez. Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair, étendre sur vous de la peau, et je vous donnerai l’esprit, et vous vivrez. Alors vous saurez que je suis le Seigneur.” » Je prophétisai, comme j’en avais reçu l’ordre. Pendant que je prophétisais, il y eut un bruit, puis un mouvement : les os se rapprochèrent les uns des autres, chacun vers son vis-à-vis. Je regardai, et voici qu’il y avait sur eux des nerfs, la chair avait poussé et la peau les recouvrait, mais il n’y avait pas d’esprit en eux. Le Seigneur me dit alors : « Prophétise à l’esprit, prophétise, fils d’homme, et dis à l’esprit : “Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts, et qu’ils vivent !” » Je prophétisai, comme il m’en avait donné l’ordre, et l’esprit entra en eux, et ils vécurent, et ils se tinrent debout : c’était une armée immense. Puis il me dit : « Fils d’homme, ces ossements sont toute la maison d’Israël. Car ils disent : “Nos ossements sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus !” C’est pourquoi prophétise, et dis-leur : “Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que j’ouvre vos tombeaux, je vous en fais sortir, ô mon peuple, et je vous ramène sur la terre d’Israël. Vous saurez que je suis le Seigneur, lorsque j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai mon esprit en vous, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que je suis le Seigneur. J’ai parlé et je le ferai” » - oracle du Seigneur Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la troisième lecture

La signification de la grande vision d’Ézékiel est double. La première concerne l’esprit de courage insufflé de nouveau à un peuple qui, pendant l’exil à Babylone, se sent perdu, sans terre, sans culte et sans identité. Non, dit Ézékiel : Dieu fera revivre des cadavres qui semblent morts, c’est-à-dire sans espérance, et les Israélites, enfin purifiés par la pénitence, retourneront comme auparavant dans leur terre. Ensuite, il arrivera qu’ils ne réussiront pas à rester fidèles, mais c’est une autre question, qui nous ouvre à la deuxième perspective : la véritable renaissance, la véritable résurrection, n’est pas simplement le retour historique en Terre sainte, mais une naissance à une vie nouvelle, c’est-à-dire la grande nouveauté de l’Esprit Saint répandu dans nos cœurs. À l’arrière-plan se trouve donc aussi la résurrection des morts, qui fut d’abord celle du Christ, mais qui sera celle de tous à la fin des temps. Dès maintenant, nous possédons les arrhes de l’Esprit Saint, « pour être saints et immaculés » (Ep 1,4) dans cette vie terrestre et, si nous vivons dans l’Esprit, nos corps ressusciteront ensuite à la fin pour la vie bienheureuse du ciel.


QUATRIÈME LECTURE

Du livre du prophète Joël (Jl 3,1-5)
Ainsi parle le Seigneur : « Je répandrai mon esprit sur tout être de chair. Vos fils et vos filles deviendront prophètes ; vos anciens auront des songes, et vos jeunes gens, des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, je répandrai mon esprit en ces jours-là. Je ferai des prodiges au ciel et sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée. Le soleil sera changé en ténèbres, et la lune sera changée en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, grand et redoutable. Alors, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé, car sur le mont Sion et à Jérusalem il y aura des rescapés, comme l’a dit le Seigneur, et parmi les survivants, ceux que le Seigneur aura appelés. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de la quatrième lecture

Cette vision du prophète Joël ne semble pas se rapporter directement à la Pentecôte, car il est dit que Dieu répandra son esprit sur tout être humain et, pour souligner cette totalité, il précise que même les esclaves - des personnes auxquelles il n’était permis de rien demander - recevront l’esprit. Dieu répandra donc cet esprit sur tous les hommes, mais nous savons que l’Esprit Saint est donné à ceux qui le demandent, par le sacrement du baptême ou par les autres sacrements. Il faut donc comprendre ici un don de connaissance pour tous les hommes, indépendamment de leur accueil. On peut comprendre que Dieu donnera à tous l’esprit capable de connaître le Christ ; tous sauront qu’en Jésus Dieu s’est révélé comme sauveur, et qu’en Jésus la vie divine est communiquée. Tous le sauront, sinon par une annonce extérieure, du moins par la voix du cœur, car Dieu ne permet pas que les hommes restent dans l’ignorance à son sujet. Ainsi donc, une fois Dieu connu comme sauveur, il suffit d’invoquer son nom pour être sauvé, il suffit d’accomplir un acte sincère de foi en lui.


ÉPÎTRE

De la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 8,22-27)
Frères, nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, nous gémissons intérieurement, nous qui avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, en attendant notre adoption et la rédemption de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance. Or, voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’épître

Lorsque nous recevons l’Esprit Saint au baptême et continuellement dans la sainte Communion, toute la création extérieure se tourne vers nous en suppliant d’être elle aussi sauvée. Nous ne l’entendons pas, car il nous semble que l’Esprit Saint qui nous est donné concerne seulement notre relation personnelle avec Dieu, comme si les autres en étaient exclus. Mais Dieu est communion parfaite, Dieu est charité, et il veut que tous soient sauvés. Et pour « sauver » la création, que devons-nous faire ? L’aimer. En aimant tout ce qui nous entoure, nous faisons nôtres les choses aimées, et si Dieu nous « assume » en lui, il prend aussi tout ce qu’il trouve en nous. De cette manière, nous pouvons ensuite participer au salut du monde et de nos frères. L’Esprit Saint place nos cœurs dans une situation presque impossible : nous participons au salut du monde ! Cela exige de nous un grand engagement, mais ne nous effrayons pas : Dieu en nous nous fera aimer d’une manière nouvelle, totale, au point de pouvoir aimer même nos ennemis. L’engagement du chrétien est donc celui de Dieu lui-même : aimer sans mesure, jusqu’aux croix de la vie.


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Jean (Jn 7,37-39)
Le dernier jour de la fête, le plus solennel, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; en effet, l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile du jour

Habituellement, l’Esprit Saint est représenté sous la forme du feu et, en effet, à la Pentecôte, l’Esprit descend sur les apôtres sous la forme de langues de feu ; on parle donc souvent du « feu de l’Esprit ». Cette fois, il est représenté par l’eau, comme le souligne l’Évangéliste : « En disant cela, il parlait de l’Esprit. » En soi, l’Esprit Saint n’est ni feu ni eau, mais ces éléments de la nature décrivent l’action de la grâce : tandis que le feu purifie et réchauffe, l’eau désaltère et donne la vie ; on ne peut vivre sans eau, alors qu’on peut vivre sans feu. Le symbole est donc clair : on ne peut vivre la vie, la vraie, l’éternelle, sans avoir en soi l’Esprit de Dieu. En même temps, l’eau lave, enlève la saleté et rafraîchit les membres échauffés. Recevoir l’Esprit Saint signifie donc à la fois être purifié de ses péchés et entrer dans la vie éternelle. Et tout cela dépend de Jésus : « Que celui qui a soif vienne à moi. » Il ne faut aller vers personne d’autre, car c’est lui qui nous l’a obtenu par son sacrifice sur la croix et son amour pour les hommes. « Le Père donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11,13). Il faut donc demander l’Esprit ! Il n’agit pas automatiquement, mais il faut le vouloir.


À la messe du jour

PREMIÈRE LECTURE

Des Actes des Apôtres (Ac 2,1-11)
Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Nous sommes Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, des régions du Pont et de l’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, et nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de la première lecture

Le premier effet de l’Esprit Saint est la « glossolalie », c’est-à-dire la capacité de parler d’autres langues. Cela peut sembler étrange, notamment parce qu’aujourd’hui ce phénomène n’existe plus : si quelqu’un est baptisé, il ne se met pas soudainement à parler dix ou vingt langues nouvelles. Pourtant, ce fut le premier effet immédiat de la Pentecôte : la parole prononcée en araméen, la langue des apôtres, était comprise par des personnes d’autres nationalités. On raconte la même chose au sujet du Padre Pio : un Allemand qui s’était confessé auprès de lui témoigna que le père parlait allemand, alors qu’en réalité il ne connaissait absolument pas cette langue : il parlait italien et l’Allemand comprenait l’allemand. L’Esprit Saint fait donc comprendre les paroles divines au-delà des capacités de celui qui parle. Telle est la puissance de l’Évangile, annoncé avec franchise : il atteint les cœurs et les touche, parce que l’âme comprend le langage de Dieu, puisqu’elle a été créée par lui. Le saint Curé d’Ars bégayait, mais il convertissait ; peut-être un grand savant, mais qui ne serait ni saint ni rempli de lui-même, dit des choses élevées, mais ne réchauffe pas les cœurs : il ne parle pas selon l’Esprit. Le langage de Dieu est celui de l’amour, et tous le comprennent immédiatement : voilà l’effet de la Pentecôte.


DEUXIÈME LECTURE

De la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 12,3b-7.12-13)
Frères, personne ne peut dire : « Jésus est Seigneur », sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres ; tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. – Parole du Seigneur.

Commentaire de la deuxième lecture

L’Esprit Saint possède la capacité extraordinaire d’unir des choses différentes, de manière que tout fonctionne merveilleusement sans que des conflits surgissent entre les parties. Saint Paul prend l’exemple du corps humain, mais nous pouvons aussi prendre l’orchestre comme comparaison. Il y a de nombreux instruments : les violons, les trompettes, les flûtes, le piano, etc. Chacun joue une partie différente qui, prise isolément, serait partielle, pauvre, peut-être même monotone. Chacun doit étudier sa propre partie du mieux possible et, en même temps, espérer que les autres joueront eux aussi leur partition à la perfection. Le violon n’envie pas le hautbois, le basson n’envie pas le violoncelle : il est déjà trop occupé à considérer ce qu’il doit faire. Puis, au moment de l’assemblage… merveille des merveilles : le son qui naît de l’ensemble est quelque chose d’inimaginable pour les instruments pris séparément. Nous sommes les musiciens ; la partition a été écrite par Dieu, et le chef d’orchestre est la sainte Église, qui doit diriger et coordonner. Le son, la mélodie finale, est la voix de l’Esprit Saint, qui est l’Amour. Mais tous sont nécessaires !


ÉVANGILE DU JOUR

De l’Évangile selon saint Jean (Jn 20,19-23)
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » – Parole du Seigneur.

Commentaire de l’Évangile du jour

Chez saint Jean, la Pentecôte n’est pas décrite comme dans les Actes des Apôtres, avec les langues de feu qui se déposent sur chacun des apôtres réunis au Cénacle. Dans le quatrième Évangile, le don de l’Esprit Saint s’accomplit par l’action directe du Christ, ce qui n’apparaît pas dans la description classique de la Pentecôte chez Luc. Il est clair que Jésus est également présent au moment représenté par le feu qui descend d’en haut, mais chez Jean se manifeste plus clairement le don qui ne vient pas tant « d’en haut » que du Seigneur Jésus lui-même, en personne. Les deux événements, chez Luc et chez Jean, ont eu lieu ; il n’y a là aucune erreur : simplement, ce don de l’Esprit aux apôtres signifie la transmission directe du pouvoir sacerdotal de remettre les péchés. Aucun homme ne peut enlever le péché d’un autre homme ; seul l’Esprit Saint le fait. Les apôtres participent donc à cette prérogative propre à Dieu, en recevant de Dieu son Esprit, qui est « soufflé », donné et transmis comme la véritable substance du Seigneur après sa résurrection. L’Esprit Saint est l’Amour du Père et du Fils : le pardon des péchés est donc un acte d’amour divin, la véritable puissance de la Pentecôte.



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