Octave de Noël – Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph (f) (B)
Liturgie des Heures propre
Le dimanche qui tombe pendant les huit jours suivant Noël, la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph est solennellement célébrée. Le fil conducteur des trois lectures est celui de la foi : d’abord comprise comme confiance en Dieu, puis comme un regard nouveau qui permet de reconnaître dans cet enfant le Fils de Dieu, le Messie tant espéré. Apprenons de la Sainte Famille à tout faire tourner autour de Jésus : c’est lui la source de l’amour.
Textes tirés du missel « Sur ta Parole » – novembre-décembre 2020.
PREMIÈRE LECTURE
Du livre de la Genèse (Gn 15,1-6 ; 21,1-3)
En ces jours-là, la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision : « Ne crains pas, Abram. Je suis ton bouclier ; ta récompense sera très grande. » Abram répondit : « Seigneur Dieu, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfant et l’héritier de ma maison est Éliézer de Damas. » Abram poursuivit : « Voici que tu ne m’as pas donné de descendance et qu’un membre de ma maison sera mon héritier. » Alors cette parole du Seigneur lui fut adressée : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un né de toi sera ton héritier. » Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter », et il ajouta : « Telle sera ta descendance. » Abram eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. Le Seigneur visita Sara comme il l’avait dit, et il fit pour Sara comme il l’avait promis. Elle devint enceinte et enfanta un fils à Abraham dans sa vieillesse, au temps que Dieu avait fixé. Abraham donna le nom d’Isaac au fils qui lui était né, que Sara lui avait enfanté. – Parole de Dieu.
Commentaire de la première lecture
Le dimanche qui tombe pendant les huit jours suivant Noël, la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph est solennellement célébrée. Le fil conducteur, le thème récurrent des trois lectures semble être celui de la foi : d’abord comprise comme confiance en Dieu, puis comme un regard nouveau qui permet de reconnaître dans cet enfant le Fils de Dieu, le Messie tant espéré. Dans la première lecture, Abraham s’adresse au Seigneur ; il est déçu et amer en raison de l’absence d’une descendance véritablement sienne, et le Seigneur lui répond ainsi : « “Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter”, et il ajouta : “Telle sera ta descendance.” Il eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. » La vision des étoiles, qui représentent l’abondance de son peuple, incite Abraham à reprendre confiance en Dieu et en ses promesses. Il est juste parce qu’il est droit et transparent devant Dieu : il expose ses craintes et accepte le signe de bienveillance du Seigneur. Pensons maintenant à nos familles : n’avons-nous pas souvent l’impression de nous heurter au mur de l’inutilité apparente ? Abraham peut nous enseigner que la confiance en Dieu donne un sens à nos jours.
DEUXIÈME LECTURE
De la lettre aux Hébreux (He 11,8.11-12.17-19)
Frères, par la foi, Abraham, appelé par Dieu, obéit en partant vers un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Par la foi, Sara elle aussi, bien qu’ayant dépassé l’âge, reçut la possibilité de devenir mère, car elle estima digne de foi celui qui le lui avait promis. C’est pourquoi, d’un seul homme, et de plus déjà marqué par la mort, naquit une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, qu’on ne peut compter. Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, offrit Isaac, et lui-même, qui avait reçu les promesses, offrit son fils unique, alors qu’il lui avait été dit : « C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. » Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi il retrouva son fils, et ce fut une préfiguration. – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
La deuxième lecture est constituée de quelques courts passages consacrés à Abraham, contenus dans un chapitre entier de la lettre aux Hébreux. Ce sont des pages ayant pour thème la foi exemplaire des ancêtres et qui trouvent leur point culminant dans le chapitre suivant, lorsqu’on atteint le sommet de la foi : Jésus-Christ, « celui qui est à l’origine de la foi et la mène à son accomplissement ». Dans cette lecture aussi, en effet, comme dans la première, la foi d’Abraham est soulignée : « Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, offrit Isaac, et lui-même, qui avait reçu les promesses, offrit son fils unique. » Cette foi surnaturelle, cette confiance en Dieu, peut facilement être confondue avec la naïveté ou l’insouciance. Combien de fois la famille semble-t-elle lutter contre le vent, parce que chacun paraît penser différemment : sur la valeur de la fidélité conjugale, la vie naissante, tous les aspects de l’éducation des enfants, l’accompagnement dans la souffrance et la fin de vie. On risque vraiment de se sentir seul ou même trahi, parfois, par les contre-témoignages d’amis, de proches, de fidèles et de pasteurs dans l’Église. Pensons pourtant que, comme dans la Sainte Famille, Dieu est avec nous, il est l’Emmanuel : mettons notre confiance en lui !
ÉVANGILE DU JOUR
De l’Évangile selon Luc (Lc 2,22-40)
Quand furent accomplis les jours de leur purification rituelle, selon la loi de Moïse, [Marie et Joseph] amenèrent l’enfant [Gesù] à Jérusalem pour le présenter au Seigneur – comme il est écrit dans la loi du Seigneur : « Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur » – et pour offrir en sacrifice un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes, comme le prescrit la loi du Seigneur. Or, à Jérusalem, il y avait un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit Saint lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple et, au moment où les parents amenaient l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient, lui aussi le reçut dans ses bras et bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et gloire de ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après son mariage, elle avait vécu sept ans avec son mari, puis elle était devenue veuve, et elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. – Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire de l’Évangile du jour
Dans ce passage de l’Évangile, les protagonistes de la fête d’aujourd’hui, Jésus, Marie et Joseph, ne prononcent pas un seul mot. Ils agissent et écoutent. Ils s’étonnent des signes et des paroles qui entourent le Fils et la Mère. C’est l’expérience initiale de la Sainte Famille : cette famille est non seulement remplie de l’Esprit Saint, mais elle est entourée de personnes, comme Syméon et Anne, comblées de sagesse. La famille d’aujourd’hui, au contraire, risque peut-être avant tout d’être désintégrée de l’intérieur. Demandons-nous pourquoi cela se produit : peut-être parce qu’il y a plus de paroles que d’écoute ? Parvient-on encore à faire en sorte que tous aident chacun à porter ses fardeaux ? Y a-t-il quelqu’un qui risque au contraire de rester au second plan, oublié, déçu ? Et encore : où sont les Syméon et les Anne de notre époque ? Qui accompagne les fiancés, les jeunes époux, les familles qui s’ouvrent au don de la vie ? Un couple en difficulté est normalement orienté vers un psychologue ou directement vers un avocat. Ce serait pourtant une excellente expérience de foi, pour des prêtres, des consacrés, des époux, que d’être impliqués dans des dialogues intenses et parfois très douloureux ! Quelle beauté de trouver des moments, en commençant par le couple, où ouvrir son cœur en cherchant le meilleur chemin !

