Textes tirés du missel « Sur ta Parole » mars-avril 2025
1er dimanche de Carême (C)
1re sem. du psautier
PREMIÈRE LECTURE
Du livre du Deutéronome (Dt 26,4-10)
Moïse parla au peuple et dit : « Le prêtre prendra la corbeille de tes mains et la déposera devant l’autel du Seigneur, ton Dieu, et tu prononceras ces paroles devant le Seigneur, ton Dieu : “Mon père était un Araméen errant ; il descendit en Égypte, il y séjourna comme un étranger avec peu de gens et il y devint une nation grande, forte et nombreuse. Les Égyptiens nous maltraitèrent, nous humilièrent et nous imposèrent une dure servitude. Alors nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères, et le Seigneur entendit notre voix, il vit notre humiliation, notre misère et notre oppression ; le Seigneur nous fit sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, en semant la terreur et en accomplissant des signes et des prodiges. Il nous conduisit dans ce lieu et nous donna cette terre, une terre où coulent le lait et le miel. Et maintenant, voici que je présente les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur.” Tu les déposeras devant le Seigneur, ton Dieu, et tu te prosterneras devant le Seigneur, ton Dieu. » – Parole du Seigneur.
Commentaire de la première lecture
La première lecture, tirée du livre du Deutéronome, présente l’action de grâce du peuple qui, arrivé dans la Terre promise, loue Dieu pour tout ce qu’il a fait pour lui : « Mon père était un Araméen errant ; il descendit en Égypte, il y séjourna comme un étranger… Les Égyptiens nous maltraitèrent… ils nous imposèrent une dure servitude. Alors nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères, et le Seigneur entendit notre voix… il nous fit sortir d’Égypte… Il nous conduisit dans ce lieu et nous donna cette terre ». La Terre promise, nous suggère le texte, est donc le terme d’un chemin qui a comporté des rêves, l’esclavage, le désert, l’épreuve et les difficultés. Une chose cependant n’a jamais fait défaut : la certitude que, même si le peuple n’a pas été fidèle, Dieu, lui, l’a été et n’a jamais abandonné son peuple. Cette certitude, fondée sur l’expérience, a conduit et conduit encore le peuple à mettre sa confiance dans le Seigneur et à dire, avec les paroles du psaume : « Reste avec nous, Seigneur, à l’heure de l’épreuve ». Le Carême est notre chemin vers la Terre promise, une vie plus intense avec Dieu.
DEUXIÈME LECTURE
De la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 10,8-13)
Frères, que dit [Mosè] ? « Près de toi est la Parole, sur tes lèvres et dans ton cœur », c’est-à-dire la parole de la foi que nous prêchons. Car si, de ta bouche, tu proclames : « Jésus est le Seigneur ! », et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. En effet, c’est avec le cœur que l’on croit pour obtenir la justice, et c’est avec la bouche que l’on fait profession de foi pour recevoir le salut. L’Écriture dit en effet : « Quiconque croit en lui ne sera pas déçu. » Car il n’y a pas de distinction entre Juif et Grec, puisque lui-même est le Seigneur de tous, riche envers tous ceux qui l’invoquent. En effet : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » – Parole de Dieu.
Commentaire de la deuxième lecture
Le désert de la vie, nous rappelle saint Paul, demande à être traversé sous la conduite et avec la force de la Parole de Dieu, qui n’est pas loin de nous : « Près de toi est la Parole, sur tes lèvres et dans ton cœur… Si tu proclames : “Jésus est le Seigneur !”, et si tu crois de tout ton cœur… tu seras sauvé. » L’exode, d’une vie d’esclavage vers une vie de liberté, ne peut pas être vécu seul et ne s’affronte pas en comptant uniquement sur ses propres forces : saint Paul rappelle que seul un cœur amoureux de Dieu et confiant en lui pourra remporter la dure bataille. Durant ce temps, l’Église nous indique les pratiques de la prière, du jeûne et de la charité comme des « armes » pour affronter le combat de la foi : « Quiconque croit en lui ne sera pas déçu… Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » Comme Moïse conduisit le peuple dans le désert et l’encouragea à mettre sa confiance dans le Seigneur, de même, laissons-nous guider par la flamme vive de l’Évangile durant ce temps afin de parvenir à une vie plus vraie, plus belle. À la terre promise.
ÉVANGILE
De l’Évangile selon Luc (X Lc 4,1-13)
En ce temps-là, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert, où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim. Alors le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : “L’homme ne vivra pas seulement de pain.” » Le diable l’emmena plus haut, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, parce qu’elle m’a été donnée et que je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi en signe d’adoration, tout sera à toi. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : “Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.” » Puis le diable le conduisit à Jérusalem, le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : “Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent” ; et encore : “Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.” » Jésus lui répondit : « Il est dit : “Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.” » Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le diable s’éloigna de lui jusqu’au moment fixé. – Parole du Seigneur.
Commentaire de l’Évangile
Si mercredi, il nous a été rappelé que le chemin de la vie est marqué par notre fragilité humaine naturelle, aujourd’hui, première étape du chemin de Carême, nous sommes confrontés aux luttes qui nous attendent et que Jésus a déjà vaincues pour nous. La vie ne nous permet pas d’être neutres : Jésus a vaincu le diable en sachant dire des « non », et ainsi, aujourd’hui, il nous apprend à en faire autant, pour nous entraîner à dire des « oui » plus décisifs. « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain… Je te donnerai… le pouvoir… Jette-toi en bas… les anges te garderont. » Jésus répond : « L’homme ne vivra pas seulement de pain » ; « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » ; « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Dans les paroles du diable sont condensées les trois tentations qui traversent le cœur de l’homme de tous les temps : la tentation du pain, c’est-à-dire de tout ce qui concerne la « passion » ; la tentation de la gloire, donc du pouvoir ; et la tentation de paraître, donc de miser sur ses propres images. Jésus les a affrontées et les a vaincues par la force de la Parole de Dieu. Comme lui, nous aussi.
